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Tout Molière

"La langue de Molière"

LEXIQUE DES MOTS SUIVIS D’UN ASTERISQUE (En construction)

Ce lexique contient les mots utilisés par Molière qui ont soit disparu, soit qu’ils avaient au XVIIe siècle une acception différente de celle du XXIe siècle. Certains termes peuvent définir plusieurs objets, je n’ai conservé que celui dont parle Molière, non les autres.

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Les définitions sont données par des auteurs ou tirées de divers dictionnaires : Dictionnaire Furetière, 1690 (F) – Dictionnaire Richelet, 1732 (R) – Dictionnaire de l’Académie, 1694 (A) – Dictionnaire de l’Académie, 1762 (Acad.) – Littré (L) – Georges Couton, 1971 (C) – Dubois, Lagane, Lerond, Dictionnaire du français classique, 1971 (DFC) – Robert, Dictionnaire historique de la langue française, 1992 (RDH).







A

Abandonnée : (Une) « Femme de mauvaise vie » (R).
Abord : Arrivée, venue.
Abord (D’) : Aussitôt.
Aboucher : Parler avec quelqu’un en tête à tête, conférer bouche à bouche.
Abus : Erreur.
Accoiser : « Adoucir, apaiser » (F).
Accommoder : Arranger ; « Faire fortune, gagner du bien » (F).
Accommodement : « Arrangement qui donne du confort ; aisance, fortune » (DFC).
Accrocher : Attacher ; « Attraper par adresse, gagner par finesse » (F).
Achevé : Entièrement ; « C’est un fou achevé » (F). « Se dit aussi en morale, pour dire : mettre une chose à la dernière perfection » (F).
Acteurs : Personnages.
Action : Manière de bouger.
Adiusias : Adieu (en gascon).
Admirable : Étonnant, stupéfiant, surprenant.
Admirer : Constater avec stupéfaction.
Adoucir : Rendre plus doux (s’emploie aussi pour des personnes).
Adresse : Ruse.
Aérien : « Qui est fait d’air, ou qui se résout en air » (F).
Affaire : Souvent utilisé dans le sens de « souci », d’« embarras ».
Affecter : Aimer, désirer, rechercher vivement ; pratiquer ; recourir à.
Affidé : Confident.
Affiler : « On dit figurément : un bec affilé, d’une personne qui est grande parleuse et le plus souvent médisante » (F).
Affliger : Accabler, blesser, dévaster.
Affranchir : « Délivrer » (F).
Agrément : « Ratification, consentement » (F).
Aider (S’) : « On dit qu’il faut qu’un homme s’aide pour dire qu’il fasse un effort sur lui-même pour profiter du secours qu’on lui veut donner » (F).
Aigre : Emporté, violent.
Aigreur : Colère, irritation.
Aigrir : Exaspérer, irriter.
Aiguillettes : Lacets qui nouent le haut-de-chausses au pourpoint.
Aimable : Digne d’être aimée.
Air : Manière d’agir, comportement.
Ais : « Pièce de bois longue et peu épaisse. Ais de sapin, ais de bateau. On fait des planchers, des cloisons avec des ais » (F).
Aisement « Lieu où on se décharge le ventre » (F).
Ajustement : Arrangement ; toilette, parure.
Ajuster : Arranger ; parer ; accommoder ; rendre compatible. Mais aussi malmener.
Alarmes : « Se dit aussi figurément de toute sorte d’appréhension bien ou mal fondée » (F).
Alentir : Ralentir.
Allégeance : « Soulagement d’un mal » (F).
Altérer : « Corrompre, changer la nature de quelque chose. Se dit aussi causer de la soif » (F).
Altesse : « Titre d’honneur qu’on donne aux princes » (F).
Amant, amante : Celui ou celle qui aime d’une passion violente et amoureuse, mais qui n’a pas nécessairement déjà eu de relations charnelles avec l’objet de son amour, ni même, contrairement à l’amoureux, avoir été agréé par lui. Une femme peut donc avoir plusieurs amants et être chaste.
Ambassade : « Petit message qu’on fait faire par un ami, ou par un domestique pour quelque petite négociation, et particulièrement d’amour » (F).
Ambigu (Un) : Un mélange.
Âme : « Personne particulière. Ce dessein n’a jamais entré dans son âme, pour dire dans sa pensée » (F).
Amitié : Affection. Signifie parfois amour.
Amorce : « Appât dont on se sert à la chasse ou à la pêche » (F).
Amour (Faire l’) : Courtiser.
Amoureux : Voir Amant.
Amuser, Amusement : « Arrêter quelqu’un, lui faire perdre son temps » (F). Signifie aussi détourner.
Anodin : Calmant.
Apepsie : Impossibilité de la digestion (C).
Apoplexie : « Soudaine privation de sentiment et du mouvement » (F).
Apostropher : Citer avec déférence.
Appareil : Magnificence, apparat ; équipage ; pansement.
Apparence : Vraisemblance.
Appas : « Se dit figurément en choses morales de ce qui sert à attraper les hommes, à les inviter à faire quelque chose. La gloire est un grand appas pour les braves. La beauté est un grand appas pour engager le cœur des hommes » (F).
Appel : « Recours à un juge supérieur, pour faire réparer le grief d’une sentence que l’on prétend mal rendue par un juge inférieur » (F).
Appréhender : Craindre.
Appréhension : « Crainte, peur violente » (F).
Apprendre (Être appris) : Habituer ; être habitué.
Appui : Soutien ; s’utilise parfois pour « crédit ».
Appuyer : Soutenir, fonder.
Après-dînée : Après-midi.
Arabe : « Avare, cruel, tyran » (F).
Ardeur : Passion, emportement, vivacité, fougue.
Argus : Dans la mythologie, le gardien aux cent yeux qui veillait sur Io.
Armes (Baisser ou rendre les) : Céder, se soumettre.
Arrêt : « Jugement ferme et stable d’une puissance ou d’une cour supérieure. Signifie aussi : repos » (F).
Arrêter : Demeurer, rester.
Arrière (Mettre en) : « Mettre une chose en arrière, mettre en oubli, n’en faire aucun état » (F).
Art : Ruse.
Artifice : Art ; adresse ; façon d’agir ; ruse.
As de pique : Homme stupide.
Ascendant : En astrologie, influence des astres sur la destinée de quelqu’un.
Assemblage : Terme parfois péjoratif. « On dit quelquefois, c’est un assemblage confus et tumultueux, en parlant de plusieurs choses ou personnes sans aucun ordre ni régularité » (F).
Assouvir : « Se dit figurément en morale pour dire contenter ses désirs ses passions » (F).
Assurance : Sécurité ; sûreté.
Astre : Horoscope.
Attachement : « Au figuré, [...] la liaison qu’on a avec quelque personne ou avec quelque parti, de l’application qu’on donne à quelque chose » (F).
Attaquer d’amitié : Proposer d’être amis.
Attrait : Attirance irrésistible.
Autoriser : Cautionner ; et, parfois, justifier.
Avanie : « Grande honte que l’on fait à quelqu’un » (F).
Avantage : Intérêt ; prérogatives ; privilège.
Aventure : Affaire ; occasion ; événement. Mais aussi destinée.
Avérer : « Prouver la vérité d’un fait » (F).
Aveu : Assentiment, agrément ; déclaration d’amour.
Avis : Nouvelle que l’on reçoit.
Avis au lecteur : « Un avertissement dont il faut profiter » (F).
Aviser : Réfléchir.
Avouer : Reconnaître.

B

Bagace : « Terme injurieux dont se servent les petites gens » (F).
Bague : Voir Course de bague.
Bailler : Donner ; mettre en main, mais aussi donner des coups. « Au Palais, on dit aussi bailler des écritures, pour dire les fournir » (F).
Bailler bonne : Faire accroire, se moquer.
Baisser : « S’incliner, s’humilier » (F).
Balance : « Incertitude, irrésolution » (R). « Se dit figurément des raisonnements contraires qui agitent notre esprit, et qui le font pencher tantôt d’un côté, tantôt de l’autre » (F).
Balancer : Hésiter. « Se dit figurément de l’examen que l’on fait dans son esprit des raisons qui le font incliner de part et d’autre » (F). Peser.
Barbare : « Étranger [...], sauvage, malpoli, cruel » (F).
Barbarisme : Emploi d’un mot « qui n’est pas naturel à la langue » (F).
Barbouiller (Se) : « On dit qu’un orateur, un avocat se barbouille [...] lorsqu’il parle en galimatias » (F).
Barette : « On dit proverbialement et bassement parler à la barette de quelqu’un pour dire le quereller » (F) ; le réprimander.
Barguigner : « Marchander sou à sou quelque chose » (F).
Basilique (Veine) : « Veine qui naît du rameau auxiliaire [...] qui va au milieu du pli du coude et qui a deux rameaux » (F).
Basque (Courir comme un) : « Pour dire marcher vite et longtemps » (F).
Baste : Suffit.
Batteries : Machinations.
Battre le fer : « S’exercer à tirer les armes chez les maîtres d’escrime et, en ce sens, on dit figurément qu’un homme a longtemps battu le fer quand il s’est longuement exercé en quelque art ou profession que ce soit » (F).
Baye : Tromperie.
Baye (Donner la) : Se moquer de quelqu’un, le tromper.
Beau : « Se dit de ce qui est grand, excessif » (F).
Bec cornu : Cocu (traduction de l’italien : becco cornuto).
Bec jaune (Lui montrer son) : Lui montrer son ignorance.
Bécasse (Brider la) : « Tromper, surprendre, attaquer quelqu’un » (F).
Bélître : Gueux, misérable qui mendie par fainéantise.
Bel air (Être du) : Suivre la dernière mode.
Bel esprit : Expression souvent de moquerie envers une personne snob qui se dépense dans des expressions de langage affectées ; raffinement de la pensée et de l’expression, souvent affectées.
Bénéfice : Titre ecclésiastique pourvu d’un revenu.
Bénigne, bénignité : Bienveillance.
Bénin : Bienveillant.
Berner : Tourner en ridicule.
Bézoard : « Plante médicinale qui est un excellent contrepoison. Se trouve dans la fiente d’un bouc des Indes » (F).
Biais : Moyen ; mesure.
Bidet (Pousser son) : Aller de l’avant.
Bienséance : Convenance.
Bientôt : Immédiatement.
Bile : Une des quatre humeurs, celle de la colère, opposée au flegme.
Bizarre : Extravagant, fantasque, inconsistant.
Bizarrerie : Extravagance.
Blanc : Fard.
Blanchir : Échouer dans ses efforts.
Blondin : Jeune homme mondain.
Bois : Métaphore du panache de cerf dont seraient gratifiés les cocus.
Bon (Tout de) : Vrai, vraiment.
Botte : En termes d’escrime, un coup.
Bouche (Laisser sur la bonne) : « On dit qu’on laisse les gens sur la bonne bouche quand on interrompt le discours à l’endroit le meilleur et le plus attendu » (F).
Bouchon (Petit) : Terme d’affection.
Bourgeois : « Se dit quelquefois en mauvaise part, par opposition à un homme de cour, pour signifier un homme peu galant, peu spirituel, qui vit et raisonne à la manière du bas peuple » (F).
Bourle : Moquerie.
Bourru : Fou, grossier, extravagant.
Bosse : « Bas-relief ou plein relief » (F).
Botte : Coup, terme d’escrime.
Boutade : « Caprice, transport d’esprit » (F).
Bouter : Mettre.
Bouter-vous dessus : Couvrez-vous.
Bouton : « La boucle de cuir qui coule le long des rênes et qui les resserre [...]. On dit figurément en ce sens serrer le bouton à quelqu’un quand on le tient en bride » (F).
Bouvier, bouvière : « Qui conduit ou qui garde les bœufs. On le dit figurément des gens grossiers, malappris, qui sont sans civilité » (F).
Bradypepsie : Lenteur de la digestion (C).
Branler : Se remuer.
Brave : « Excellent dans sa profession. On dit un brave homme, un brave soldat […], qui fait toutes choses d’une manière noble et honnête. […] En terme de guerre, signifie : intrépide qui affronte les périls. Et on dit absolument : c’est un brave, pour dire : c’est une homme courageux, déterminé. […] Brave, se prend aussi en mauvaise part, et se dit d’un bretteur, d’un assassin, d’un homme qu’on emploie à toutes sortes de méchantes actions » (F).
Bravement : Brillamment, supérieurement.
Braverie : Élégance, magnificence ou dépenses de vêtements.
Bride haute (Tenir la) : Tenir en sujétion.
Brigue : Cabale, intrigue, manigances plus ou moins secrètes.
Brillant : Éclat, lustre.
Brimborions : « Termes de mépris qui sert à exprimer des curiosités légères et de peu de valeur » (F).
Briser, brisons-là : « Se dit absolument, quand on veut interrompre ou faire taire quelqu’un qui dit des choses désagréables ou qui peuvent faire naître quelque querelle » (F).
Brocards : « Terme injurieux et satirique, qu’on dit en plaisantant contre quelqu’un » (F).
Brouiller (Se) : S’embrouiller.
Bruit : Querelle, mais aussi sédition ; rumeur, renommée.
Bruit de quelque chose (Faire du) : S’en vanter, faire parler de soi.
Brûler : Désirer impatiemment ; être enflammé d’amour pour quelqu’un.
Brutal : Une brute. « Qui a des appétits déréglés, qui vit en bête ou qui n’a pas plus d’esprit et de conduite qu’une bête » (F).
Butor, butorde : « Gros oiseau [...], fainéant et poltron. [...] On dit figurément d’un homme stupide et maladroit que c’est un gros butor » (F).

C

Cabale : « Une société de personnes qui sont dans la même confidence et dans les mêmes intérêts ; mais il se prend ordinairement de mauvaise part » (F). À l’époque ceux qui étaient hostiles aux dévots parlaient couramment de la cabale de la Compagnie du Saint-Sacrement.
Cabinet : Lieu le plus retiré d’un appartement ; salle de travail, bureau ; meuble à tiroirs, secrétaire. Et non pas un lieu d’aisance.
Cacochymie : Excès de bile, de mélancolie ou de flegme. Dans le cas où l’excès n’est que de sang, on l’appelle pléthore. « La pléthore et la cacochymie sont les causes antécédentes de toutes les maladies » (F).
Cadeau : Généralement un repas à la campagne offert à une dame.
Cadédis : Tête de Dieu (en gascon).
Cagot, cagotte : Faux dévot et hypocrite, qui affecte de montrer des apparences de dévotion pour tromper et pour parvenir à ses fins.
Camisole : Chemisette.
Çamon : « Renforce une affirmation : véritablement » (Couton).
Canon : « Ornement de toile rond, fort large et orné de dentelles, qu’on attache au-dessous du genou, qui pend jusqu’à la moitié de la jambe pour la couvrir. Les tailleurs appellent aussi canons les deux tuyaux de chausse où l’on met les cuisses et les hauts de bas de laine ou de soie » (F).
Cantonner : Garnir les quatre angles d’un blason.
Cape et l’épée (N’avoir que la) : « N’avoir rien de vaillant, [...] aucune fortune établie. On le dit figurément de toutes les choses qui n’ont ni valeur ni mérite, mais seulement un peu d’apparence [...]. C’est un mérite qui n’a que l’épée et la cape » (F).
Caprice : Dérèglement de l’esprit ; irrationalité.
Captiver : « Se dit figurément des choses spirituelles : Il faut captiver son esprit pour l’assujettir à la foi. Vos beaux yeux captivent mon cœur. Signifie aussi : se contraindre soi-même, s’attacher à quelque chose » (F).
Caractère : Signifie aussi : amulette.
Carême prenant : Le Mardi gras « et quelquefois tout le temps du carnaval depuis les Rois » (F).
Caresses : Cajoleries, démonstrations de sympathie, de bienveillance ; flatteries.
Carminatif : « Se dit des remèdes qu’on applique aux coliques et autres maladies flatteuses pour dissiper les vents » (F).
Carne : « Angle ou pointe solide » (F).
Carogne : « Terme injurieux qui se dit entre les femmes de mauvaise condition pour se reprocher leur mauvaise vie, leurs ordures, leur puanteur » (F).
Casse : Médecine laxative et purgative.
Catégorie : « Division de tous les êtres selon qu’ils sont en la nature et qu’on les conçoit dans son esprit, pour les ranger par ordre en diverses classes. Les anciens philosophes ont pour la plupart établi dix catégories après Aristote : la Substance, la Quantité, la Qualité, la Relation, l’Action, etc. » (F).
Catholicon : Remède purgatif.
Caution : « Pleige, répondant qui s’oblige pour un autre qui promet de payer pour lui, de satisfaire à son traité » (F).
Céans : Ici, dans la demeure.
Censure : Critique, blâme.
Censurer : Signifie aussi critiquer.
Cependant : En attendant.
Céphalique (Veine) : « La veine du bras que l’on a coutume d’ouvrir pour les douleurs de tête » (F).
Cercle : Assemblée de dames où les messieurs sont admis.
Cérémonie : Marque de politesse.
Chagrin : Mélancolie ; mécontentement ; inquiétude ; amertume ; frustration.
Chagriner : « Donner du chagrin, de la fâcherie, de l’inquiétude. Les afflictions secrètes chagrinent plus que les autres » (F).
Chaîne : « Par affaiblissement, il exprime tout lien de dépendance sociale ou affective » (RDH).
Chaise roulante : « Petit carrosse coupé » (F).
Chaleur de sang, de foie : Mouvement de colère. Ardeur soudaine (DFC)
Champ : « Le champ d’un tableau, d’une tapisserie, c’est le fond qui est d’ordinaire obscur. Il faut rembrunir le champ de cette tapisserie pour en relever davantage les couleurs, le champ de ce tableau pour en détacher les figures. Le fond et le derrière d’un tableau signifient la même chose » (F).
Chanceux : « On dit proverbialement et ironiquement c’est un homme bien chanceux pour dire c’est un pauvre homme » (F).
Change : Ruse de gibier pour échapper aux chiens.
Change (Prendre le) : Se tromper.
Change (Ne pas prendre le) : Ne pas se laisser entraîner dans une fausse piste, ou dans un mensonge.
Chanson : « Se dit de toute sorte de vains propos ; des raisons frivoles, des propositions qui n’ont point d’effet. Tout ce que vous me dites là n’a rien de solide, ce sont des chansons » (F).
Chapeau (Mettre un chapeau sur la tête de quelqu’un) : Médire de lui.
Charger : Accroître ; ajouter ; attaquer ; exagérer.
Charmant : « Qui plaît extraordinairement, qui ravit en admiration » (F).
Charme : « Se dit figurément de ce qui nous plaît extraordinairement, qui nous ravit en admiration » (F) ; mais aussi sortilège.
Charmer : « Faire quelque effet merveilleux par la puissance des charmes ou du Démon » (F).
Chausses : Culotte.
Chausses (Tirer ses) : S’enfuir.
Cheval : Signifie aussi homme stupide.
Chèvre (Prendre la) : « Se cabrer, se mettre en colère » (F).
Chétif : « Qui est de peu de valeur, se dit des personnes et des choses. Cet homme est bien chétif, maigre, mal fait, misérable » (F).
Cheveux (Prendre vite aux) : « Ne pas la laisser échapper » (F).
Cholagogue : Purgatif de la bile.
Choyer : « Ménager la réputation de quelqu’un » (F).
Chute : Trait parfois surprenant qui clôt une poésie.
Ciel (Je jure le) : Je prends le Ciel à témoin.
Civilement : Poliment.
Civiles (Dehors) : Politesses extérieures.
Civilités (Faire des) : Saluer très poliment.
Claquemurer : « Terme populaire qui signifie enfermer dans une prison étroite » (F).
Clarté : Lumière, éclat ; la vie. « Se dit aussi figurément de choses spirituelles et morales. C’est un esprit qui a beaucoup de clarté, de jugement, de pénétration » (F).
Climat : Pays, région, contrée.
Clystère détersif : Injection liquide que l’on introduit dans le fondement afin de rafraîchir et purifier les intestins.
Cœur : Signifie aussi courage.
Cœur (Du bon) : « Sincèrement et avec affection » (F).
Coiffé (Être) : S’enticher. « Signifie aussi quelquefois s’enivrer » (F).
Coin (Tenir son) : « On dit [...] qu’un homme tient bien son coin quand il sait bien soutenir et renvoyer les coups qui viennent de son côté et figurément qu’un homme tient bien son coin dans une conversation, dans un pourparlers d’affaires quand il parle juste et à propos lorsque son tour vient de parler » (F).
Colifichets : « Petites figures de papier qu’on découpe et qu’on colle. Les écoliers, les religieuses emploient leur temps de reste à faire des colifichets » (F). Donc des petites choses insignifiantes.
Collet : Rabat.
Collet (Prêter le) : Tenir tête, défier.
Commerce : Relations ; fréquentations. « Se prend aussi en mauvaise part pour dire un vilain négoce, une fréquentation illicite » (F).
Commettre : Confier, donner comme mission. Mais aussi s’engager.
Commissaire : « Officier royal et subalterne [...]. Il y a à Paris plusieurs commissaires du Châtelet [...] qui font les informations, les scellés, les ordres de créanciers, l’examen des comptes, visites de polices et captures » (F).
Commission : « Est quelquefois opposé à titre et signifie un pouvoir donné pour un temps à quelques personnes d’exercer quelque charge, ou de juger en des occasions extraordinaires » (F).
Complaisance : « Déférence aux sentiments et aux volontés d’autrui. Elle est d’ordinaire accompagnée de flatteries » (F).
Complexion : Tempérament. Compliment : Façon, manière ; paroles de civilité, de politesse.
Compliment : Façon, manière, paroles de civilité, de politesse.
Compliment : « Petite harangue qu’on fait à des personnes de marque » (F).
Compliment (Sans) : Sans façon.
Composer : « En morale, régler ses mœurs, ses actions, ses paroles » (F). « On dit qu’un corps est bien composé pour dire : d’un bon tempérament, qu’il a une santé vigoureuse » (F).
Composer (Se) : Se donner une contenance.
Compte (Faire son) : « C’est poser pour principe, pour fondement. Ne faites pas votre compte là-dessus, vous vous y retrouvez attrapé. On dit aussi qu’un homme a fait son petit compte pour dire qu’il a bien profité en quelque affaire » (F).
Concevoir : « Signifie aussi, penser, imaginer » (F).
Condescendre : « Déférer aux sentiments d’autrui » (F).
Conditionné (Bien) : De bonne qualité.
Conférence : Entretien privé.
Confondre : Mêler intimement ; abattre, déconcerter.
Confondre (Se) : S’embrouiller ; s’humilier ; choir de manière désordonnée.
Confrontation : « C’est lorsque le juge présente les témoins de l’information à l’accusé pour leur faire lecture de leur déposition et la soutenir à la face de l’accusé » (R).
Confus : Embarrassé, en désordre.
Confusion : Désordre, embrouillement ; honte.
Congé : Permission, consentement.
Conglutiner : « Lier, attacher un corps avec un autre par le moyen de quelque chose de gluant et de tenace » (F).
Congrûment : « D’une manière congrue et à propos. Si vous allez voir cet avocat, il vous parlera congrument de votre affaire » (F).
Connaître : Se rendre compte, comprendre, révéler, savoir, percevoir.
Conque : Grande coquille qui peut servir de trompette aux tritons.
Conscience : « Signifie aussi scrupule, doute, incertitude de ce qu’on a qui est bon ou mauvais » (F).
Conseil : Dessein.
Conseil : « Signifie quelque fois : résolution. Signifie aussi consultation d’avocat. Signifie encore toutes sortes d’avis qu’on prend ou qu’on reçoit sur quelque affaire que ce soit » (F).
Conseil (Croire) : Demander un conseil.
Conseiller (Se) : « Demander conseil » (F).
Conséquence : Conclusion.
Conséquence (Ne pas faire de) : N’entraîne pas de conséquence, n’a pas d’importance.
Considérable : Digne d’être considéré.
Considération : « Réflexion » (F).
Consommer : Mener à son terme, à la perfection ; dépenser ou employer ; détruire par le feu.
Conspiré à : Contribuer à.
Constamment : Avec une résolution d’âme.
Constance : « Fermeté, force d’esprit » (F).
Constant : Indubitable, certain, avéré. Signifie aussi inébranlable : « La justice est une volonté constante de rendre à chacun ce qu’il lui appartient » (F).
Constituer : « Donner charge à quelqu’un » (F).
Constitution : Constitution de rente, un placement à intérêt.
Consulter : Délibérer. « Demander avis à des gens sages ou expérimentés dans un art sur les difficultés qu’on a en certaines occurrences » (F).
Contentement : Satisfaction ; faire droit à une prétention ; règlement d’une somme due.
Contention : « Dispute, querelle, procès, contestation » (F).
Contes bleus : Histoire imaginaire. Allusion aux romans populaires publiés avec une couverture bleue.
Contradiction : Opinion contraire, dissensions.
Contrarier : S’opposer.
Contrariété : Obstacle ; difficulté qu’on trouve à la poursuite de quelque chose.
Contretemps : Propos inopportuns. « Temps mal pris pour dire ou faire quelque chose » (F).
Contrôle : Enregistrement de l’exploit.
Contumace : « Le défaut que fait la personne criminelle qu’on interpelle au comparoir » (R).
Convent : Couvent.
Coquette : Encline à la galanterie. « Dame qui tâche de gagner l’amour des hommes. [...] Les coquettes tâchent d’engager les hommes et ne veulent pas s’engager » (F).
Corbillon : « Un petit jeu d’enfant où l’on s’exerce à rimer en on » (F).
Corbleu : Juron.
Corner : « On dit absolument que les oreilles cornent à quelqu’un quand il entend quelque bruit, quelque bourdonnement à l’oreille, ce qui lui fait entendre quelque son apparent, quoique en effet il n’y en ait point de véritable » (F).
Cornu : Déraisonnable.
Cornu : Cocu.
Corps pour corps : « Un geôlier répond d’un prisonnier qui est à sa garde corps pour corps » (F).
Correction (Sauf) : « On dit adverbialement sauf correction par civilité, ou par respect, pour corriger et adoucir quelque chose qu’on a dit de trop libre et qui pourrait offenser quelqu’un » (F).
Correspondance : Réciprocité.
Correspondre à : Répondre à.
Côte : « Signifie aussi : race, origine » (F).
Cotillons : « Petite jupe » (F).
Coup (Porter) : « Se dit en morale qu’une chose porte coup, pour dire qu’elle est d’importance » (F), qu’elle tire à conséquence.
Cour (Savoir sa) : Connaître les belles manières.
Coureuse : « Femme qui aime à courir çà et là, qui n’arrête [ne demeure] guère en son logis » (F). Peut aussi signifier prostituée.
Course de bague : « Exercice de manège que font les gentilshommes pour montrer leur adresse, lorsqu’avec une lance en courant à toute bride [très rapidement] ils emportent une bague suspendue au milieu de la carrière à une potence » (F).
Court ou le long d’une affaire (Savoir le) : « En avoir découvert toutes les particularités » (F).
Couvrir : « Cacher, se déguiser » (F).
Créance : Conviction, opinion.
Créature : « Celui qui est attaché étroitement à un supérieur, à celui qui fait sa fortune, à qui il doit son élévation » (F).
Crédit : Autorité, puissance ; croyance que l’on s’acquiert devant l’opinion par sa probité ou sa vertu ; autorisation ; influence ; possibilité ; réputation.
Crédit (À) : « Se dit souvent pour dire à plaisir, sans utilité, sans fondement » (F).
Creux, creuse : En matière d’alimentation, mets ou viande peu nourrissante.
Crier : Gronder, quereller, réprimander.
Crime : Faute grave et, « en termes de dévotion, tous les péchés que l’on a commis contre Dieu » (F). Mais parfois, simple faute.
Criminel : Auteur d’une faute grave, ou d’un péché.
Criminel usage : Qui conduit au péché.
Croire (Se) : « Avoir confiance en soi » (DFC).
Croix de par Dieu : « Une croix qui est au-devant de l’alphabet du livre où l’on apprend aux enfants à connaître leurs lettres. On le dit de l’alphabet même et du livre qui le contient » (F).
Croquignole : « Espèce de chiquenaude ou de nasarde. C’est un coup qui se donne sur le visage » (F).
Cruel, Cruelle : « Se dit aussi des choses qui sont simplement fâcheuses. Les amants disent que l’absence est une chose cruelle ; que leur maîtresse est cruelle, quand elle ne satisfait pas tous leurs désirs » (F).
Cul et aux chausses (Tenir quelqu’un au) : Empoigner quelqu’un.
Cures (Faire des) : Réaliser des guérisons.

D

Dam (À votre) : À votre dommage.
Dameret : « Celui qui veut paraître de bonne mine pour plaire aux dames » (F).
Damoiseau : Jeune gentilhomme. Utilisé souvent pour « galant ». « Un homme qui fait le beau fils, qui affecte trop de propreté, un galant de profession » (F).
Dard : Javelot, lance, pique.
Darder : Lancer un javelot ou un trait.
Dauber : Tourner en ridicule.
Dé (Tenir le) : Monopoliser la conversation.
Débat : Discussion. Contestation violente.
Débiter : Diffuser ; raconter.
Décevoir : « Tromper adroitement » (F).
Décharpir : « Séparer deux personnes qui se battent » (F).
Décorum : « Se dit en cette phrase proverbiale “garder le décorum” pour dire observer toutes les bienséances » (F).
Découcher : Se lever du lit.
Décrier : Attaquer dans sa réputation, discréditer.
Défaut : « Faute de comparoir en justice des assignations données » (F).
Défendre : Souvent utilisé pour « interdire ».
Défigurer : « Changer, gâter la forme, la figure » (F).
Défluxion : Fluxion.
Défrayer : « Payer la dépense faite par quelqu’un au lieu de lui. Se dit fréquemment de gens ridicules qui se trouvent aux tables ou dans les compagnies et qui apprêtent à rire aux autres. Ce mauvais poète a défrayé la compagnie pendant tout le repas » (F).
Dégoiser : Babiller.
Dégrader : « Observer les degrés d’éloignement des parties d’un tableau et y proportionner les jours et les teintes » (F).
Degrés de juridiction : « Tribunaux qui reçoivent l’appel des justices inférieures » (F).
Déguiser : Dissimuler. « Se dit aussi figurément en choses spirituelles. Les princes ont ce malheur, qu’on leur déguise toujours la vérité » (F).
Délibérer : « Consulter, regarder le pour et le contre d’une affaire, d’une proposition ; juger ; résoudre » (F).
Demander : S’emploie parfois pour « soumettre des requêtes ».
Démangeaison : Envie.
Démêlé : Litige.
Démentir : Désavouer quelqu’un, renier. Agir contrairement à quelque chose.
Demoiselle : « Femme ou fille d’un gentilhomme, qui est de noble extraction » (F).
Dénicher : Sortir.
Dent de lait (Avoir une) : « Avoir une dent de lait contre quelqu’un ou simplement une dent, pour dire avoir quelque ressentiment contre lui » (F).
Dents (Malgré mes / ses) : Malgré moi / lui / elle. Qu’elle le veuille ou non !
Départir (Se) : Renoncer à.
Dépens : Frais.
Dépit : Colère.
Dépit que j’en ai (En) : Malgré moi.
Dépiter : « Concevoir du dépit, de la fâcherie » (F).
Déplaisir : Désespoir. « Chagrin, tristesse que l’on conçoit d’une chose qui choque. On dit aussi par compliment “J’ai bien du déplaisir à ce qui vous est arrivé” » (F).
Déportement : « Conduite et manière de vivre. [...] On le dit en bonne et mauvaise part » (F).
Députer : Envoyer.
Derrière (Par) : « On marque, on flétrit les coupeurs de bourse d’une fleur de lys sur l’épaule » (F).
Désabuser : Détromper.
Descente : « Se dit aussi, en médecine d’une maladie qu’on appelle autrement “hernie” ou “rupture” qui n’est autre chose qu’une descente de boyau dans le scroton » (F).
Désert : « On le dit en contresens d’un homme qui, aimant la solitude, a fait bâtir quelque jolie maison hors des grands chemins et éloignée du commerce du monde pour s’y retirer. Ainsi, on appelle la Grande Chartreuse un beau désert » (F).
Désopiler : « Terme de médecine. Déboucher les conduites du corps humain où il y a eu quelque obturation causée par de mauvaises humeurs qui s’y sont arrêtées. Les purgatifs sont propres pour désopiler. Pour bien se porter, il faut avoir la rate désopilée » (F).
Désordre : Désarroi.
Dessalé : « Fin, rusé, qui ne se laisse pas tromper » (F).
Destin : Parfois le sens de projet, d’objectif.
Destinée : Destin ; parfois dans le sens de mort.
Détacher : « On dit aussi que les figures d’un tableau sont bien détachée lorsqu’elles sont bien dégagées l’une de l’autre » (F).
Détacher (Se) : Se déchaîner.
Détersif : Ramollissant et purifiant.
Détérer : Dénicher.
Déterminer : Destiner.
Détour : Artifice utilisé pour déjouer un danger ou pour tromper, ruse.
Devis : « Propos familiers » (F).
Dévisager : Défigurer.
Devant : Avant.
Diable (à quatre) : « Il fait le diable à quatre pour dire “il faut le tenir à quatre” » (F).
Diable au corps (Avoir le) : Être agité, quelquefois de passion érotique.
Diablerie : Vertu d’une diablesse.
Diablesse : « Méchante femme qui crie et tourmente toujours son mari, ses domestiques, ses voisins » (F).
Diadème : « Autrefois le bandeau royal qui était la marque de la royauté » (F).
Diagnostique : « Signes et symptômes qui donnent la connaissance de la nature et des causes de la maladie » (F).
Diantre : « Terme populaire dont se servent ceux qui se font scrupule de nommer le Diable. Allez au diantre ! Au diantre soit l’engeance ! On dit aussi absolument diantre, par manière d’exclamation. Diantre, que dites-vous-là ? » (F).
Dieu (Jour de) : Juron.
Dîné (Il me semble que j’ai) : « On dit quand on voit quelque chose qui déplaît “il me semble que j’ai dîné” » (F).
Discipline : « Manière de vie réglée selon les lois de chaque profession. Il faut qu’un supérieur fasse vivre ceux qui lui sont soumis dans une rigoureuse discipline » (F). « Le châtiment ou la peine que souffrent les religieux qui ont failli, ou ceux qui se veulent mortifier. On lui a donné la discipline en plein chapitre. Les dévots prennent eux-mêmes la discipline. [...] Se dit aussi de l’instrument avec lequel on châtie, ou avec lequel on se mortifie, qui ordinairement est fait de cordes nouées, de crin, de parchemin tortillé » (F).
Discrète : Modeste.
Disgrâce : Malheur.
Disposer : Préparer à une idée ; « ordonner en maître » (F).
Dispute : Discussion.
Distraire : Démembrer, séparer une partie d’un tout ; dissuader ; détourner.
Divertir (Se) : Se moquer.
Donner : « Se dit aussi en parlant d’un penchant, d’une inclination qui nous porte vers quelque chose. Cet homme donne dans la curiosité des tableaux » (F).
Donner : « Commencer le combat, aller à l’assaut » (F).
Donner (En vouloir) : Tromper. Vous voulez m’en donner.
Dores-en-avant : « À l’avenir » (F).
Douaire : « Biens que le mari assigne à sa femme en se mariant, pour en jouir par usufruit pendant sa viduité [son temps de veuvage] et en laisser la propriété à ses enfants » (F).
Double : Petite pièce de monnaie de peu de valeur.
Doucement : « Sans éclat, à la sourdine et délicatement » (F).
Doute (Sans) : Assurément.
Dresser : « Avoir dessein d’aller droit en quelque lieu. Il a dressé ses pas d’un tel côté » (F).
Droit (Avoir) : Avoir raison.
Droit (Donner le) : Donner raison.
Drôle : « Bon compagnon, homme de débauche, prêt à tout faire, plaisant et gaillard » (F).
Drôlerie : « Plaisanterie, tour d’adresse. Les charlatans amusent le peuple avec mille drôleries et plaisanteries » (F).
Dulcifiant : Ramollissant. Durer : Rester, tenir.
Durer : Rester, tenir.

E

Eau (Battre l’) : Travailler en vain.
Ébattre : Réjouir.
Éblouir : Séduire, tromper.
Échelle (Tirer l’) : Il faut tirer l’échelle, car on ne pourra pas faire mieux. Se retirer.
Échiner : « Tuer, massacrer, assommer, rompre l’échine » (F).
Éclaircir : Expliquer ; informer.
Éclairer : Observer, épier, surveiller.
Éclairé dans (Être) : « Être savant, averti en quelque matière » (DFC).
Éclairer : Observer, épier, surveiller.
Éclat : Révélation ; scandale.
Éclater : Se manifester, apparaître ouvertement.
Écoliers : Élève d’une petite école, étudiant d’une université, mais aussi disciple.
Écu (Le reste de notre) : « Quand on voit venir quelque importun en une compagnie, on dit “voilà le reste de notre écu” » (F).
Écuyer : « Titre qui marque la qualité de gentilhomme et qui est au-dessous de chevalier » (F).
Édifier : Satisfaire la curiosité ; scandaliser.
Effaroucher : Irriter.
Effet : Accomplissement, concrétisation, exécution, réalisation. Efficacité.
Effets : « Biens des personnes et particulièrement des négociants et de leurs meubles et actions » (F).
Effort : Attaque ; coup ; effet ; résultat.
Effronté : « Qui n’a point de pudeur, hardi à soutenir un mensonge ».
Égrillard : Gaillard. « Éveillé, subtil, qui entend bien ses intérêts. [...] C’est un égrillard, il vous trompera » (F).
Égyptien : Bohémien.
Ellébore : Plante médicinale. « On dit proverbialement qu’un homme a besoin de deux grains d’ellébore pour dire qu’il est fou, parce qu’on se servait autrefois de l’ellébore pour guérir la folie » (F).
Éluder : Tromper.
Embéguiner : « Se dit figurément en choses spirituelles des mauvaises opinions qui nous entêtent, des folles amours qui nous gouvernent, qui maîtrisent notre esprit » (F).
Emotion : Signifie aussi un malaise physique.
Émouvoir : Ébranler, mettre en mouvement ; agiter ; dresser ; exciter ; troubler.
Empêcher : Embarrasser.
Empire : « Se dit figurément en morale, de la domination, du pouvoir, qu’on a sur quelque chose ou quelqu’un » (F).
Emploi : Charge, fonction, mission.
Encens : Hommage. « Se dit figurément en morale, des louanges à ceux à qui on fait la cour » (F).
Encharger : Recommander (terme populaire).
Enclouure : La partie où s’est enfoncé le clou qui fait boiter un cheval. « Figurément, tout obstacle qui empêche la réussite d’une affaire » (F).
Encolure : La mine.
Enflammer : « Se dit figurément en choses morales, de l’émotion des passions, et surtout de l’amour et de la colère » (F).
Engager : « Contraindre ou mettre dans l’embarras » (F).
Engager (S’) : « S’endetter, ou s’obliger à faire quelque chose, ou cautionner quelqu’un » (F).
Enger : « Produire quelque méchante engeance. Ce lieu est tout engé de punaises » (F).
Enharnacher ou harnacher : « Mettre à des chevaux leurs selles, [...] leurs harnais, pour les mettre en l’état de porter ou de tirer. Se dit aussi figurément et ironiquement des habits de ceux qui sont mal ajustés, mal mis » (F).
Enjoleux : Trompeur.
Ennui : « Chagrin, fâcherie, tristesse, déplaisir » (F).
Ennuyeux : Insupportable.
Ensuite : Par la suite, après.
Entendre : Comprendre.
Entêtement : « Figurément signifie une trop grande attache à une opinion dont on est préoccupé, à une passion dont on est saisi » (F).
Entiché : « Se dit figurément des personnes, pour marquer quelque défaut qu’on commence d’apercevoir en elles. Cet homme est un peu entiché d’hérésie, d’avarice ; entiché de la lèpre » (F).
Entremets : « Plats de ragoût qu’on met sur la table entre les services et particulièrement entre le rôt et le fruit » (F).
Entreprendre sur : Empiéter.
Envelopper : Cacher. « Au figuré, les termes qu’on emploie adroitement pour dire ce qu’on n’ose pas ou qu’on ne veut pas dire en termes propres et grossiers » (R).
Envisager : Apercevoir.
Épancher : « Verser ou laisser tomber quelque liqueur » (F).
Épée de chevet : Au figuré, une chose que l’on garde toujours près de soi.
Épée et la cape (L’) : Voir Cape et l’épée (N’avoir que la).
Épiloguer : « Censurer, rechercher curieusement ce qu’il y a de mal dans les actions d’autrui » (F).
Épouser : « Figurément en choses morales, [...] s’attacher opiniâtrement à quelque parti » (F).
Éprouver : Faire l’expérience ; être mis à l’épreuve.
Équipage : « Provision de tout ce qui est nécessaire pour voyager » (F).
Erreur : Illusion, stupidité, mouvement vain.
Érudition : « Science, doctrine » (F).
Escampivos (Faire des) : Terme populaire qui signifie s’enfuir, se dérober secrètement.
Esprit : « Se dit du génie particulier de chaque personne, de son application à quelque chose, et de la facilité qu’il a d’y réussir » (F). « Se dit aussi des effets que produit cet esprit, de ce qui en est répandu dans un livre, dans quelque ouvrage que ce soit. Voilà un discours plein d’esprit, où l’esprit brille partout » (F).
Essor : Parution.
Essuyer : Subir.
Estime : « La bonne ou mauvaise opinion que l’on a de la valeur, du mérite d’une personne ou d’une chose » (F).
Établir : « Poser, asseoir sur quelque chose de stable et d’assurer. [...] Est plus en usage au figuré. La fortune de ce ministre est bien établie. Cet homme est bien établi à la cour, il a bien établi sa réputation » (F). « Signifie aussi se pourvoir par mariage » (F). « Signifie aussi des choses qui ne doivent pas durer longtemps : on a envoyé établir garnison chez ce financier. Établir une chambre de Justice » (F).
Étaler : « Se dit figurément en choses morales, de ce dont on fait vanité, parade, de ce qu’on met en montre » (F).
Éterniser : Immortaliser.
Étourdir : « Causer une émotion ou dérèglement dans le cerveau, ou dans les sens, qui les empêche de faire bien leurs fonctions. [...] Les marteaux d’une forge, le bruit continuel, les crieries d’une femme, étourdissent les gens, ils ne savent plus ce qu’ils font. [...] Les vieillards étourdissent les oreilles par leurs remontrances » (F).
Étrange : Anormale, extraordinaire, lointain, mais aussi scandaleux.
Étrivières (Donner les) : « Courroie de cuir par laquelle les étriers sont suspendus. Donner les étrivières c’est aussi châtier les valets de livrée, les fouetter avec ces étrivières On dit aussi qu’un homme s’est laissé donner les étrivières quand il a souffert quelque affront, quelque indignité, lorsque par lâcheté il se soumet à tout ce qu’on veut » (F).
Événement : Issue, résultat, bon ou mauvais de quelque chose.
Éventé : Écervelé.
Exact : Scrupuleux.
Excès : « Se dit en morale de ce qui passe au-delà des justes bornes, et mesures prescrites à chaque chose » (F).
Exciter (S’) : Peut signifier s’éveiller.
Excuser (S’) : Refuser honnêtement.
Exempt : Officier de police commis aux arrestations.
Exorbitant : « Qui est au-delà de la règle, de la portée, de la croyance ordinaire » (F). Donc opposé au droit.
Expédier : Achever, en terminer. « Faire beaucoup d’affaires en peu de temps. Ce conseiller expédie bien des procès. […] On dit aussi : Il faut expédier matière, pour dire finir promptement quelque chose. […] Signifie aussi : Exécuter à mort. Il y a eu aujourd’hui quatre hommes expédié à la Grève. Signifie encore : manger goulûment » (F).
Expliquer : Manifester, déclarer nettement ; débrouiller, développer.
Exploit d’assignation : Pour introduire l’instance.
Expresse : « Qui est précis en termes formels pour une cause ou un dessein particulier. Je lui ai dit cela en termes particuliers. Je lui ai donné une commission expresse » (F).
Expresses (Couleurs) : Précisément choisies.
Expression : « Se dit en peinture [...] des vives expressions des passions » (F).

F

Fabrique : Inventions.
Fâcheux : Importun, casse-pieds ; assommant, pénible, difficile, désagréable.
Façonnier : Affecté, dépourvu de naturel. A également le sens d’hypocrite.
Factoton : Valet à tout faire. « Celui qui se mêle, qui s’ingère de tout dans une maison. Il est du style familier, et ne se dit guère qu’en dénigrement » (A).
Faculté princesse : Elle comprend l’imagination, la mémoire et le raisonnement.
Faible : Faiblesse.
Fainéant : Désœuvré.
Fait : Action, exploit ; conduite, allure : « Et son fait est mêlé de beaucoup d’innocence » (Molière) ; bien possédé, fortune ; « Ce qui concerne quelqu’un ou quelque chose » (DFC). « Action particulière de quelqu’un. On nous a assuré cela comme un fait positif et constant. [...] Mettre en fait, poser en fait, c’est avancer, soutenir un fait. Signifie aussi la narration d’un orateur ou d’un avocat. Il est encore dans le fait, il viendra bientôt aux moyens. Se dit aussi d’une part de quelque chose qu’on a partagé ensemble. Les deux frères ont partagé la succession de leur père, ils ont eu chacun leur fait. Se dit aussi de ce qui est propre, convenable. Voilà votre vrai fait, ce qu’il vous faut. Cette fille n’est pas votre fait pour l’épouser. On dit proverbialement : donner le fait à quelqu’un, pour dire se venger de quelque injure, soit par la voie de raillerie, soit par des coups de main » (F).
Fait (Au fait et au prendre) : « Au moment d’agir » (DFC).
Falot : « Grotesque, capable de faire rire » (R).
Fameux : Important ; notoire.
Fantaisie : « L’imagination » (F).
Fantôme : « Homme d’osier ou de paille pour les exécutions en effigies » (F).
Faquin : Canaille ; prétentieux.
Fardé : Sous une apparence trompeuse.
Faste : Souvent utilisé dans le sens d’ostentation, de vanité.
Fatiguer : Harceler, lasser.
Fatras : Objets sans valeur.
Faveur : L’intérêt. « Signifie la bienveillance d’un puissant, d’un supérieur, le crédit qu’on a sur son esprit » (F). « Signifie aussi approbation, estime. Les Grands briguent souvent la faveur du peuple » (F).
Favorable : Bienveillant.
Féculent : « Terme de médecine, qui se dit seulement du sang et des humeurs qui ont des fèces ou de la lie, qui n’ont pas la pureté qu’ils doivent avoir » (F).
Feindre : Déguiser, dissimuler, mais aussi hésiter ; craindre.
Feinte : « Déguisement, apparence, dissimulation » (F).
Fermer le chemin, le passage : « On dit fermer le chemin, le passage à quelqu’un, pour dire [...] mettre un obstacle à son dessein, à ses entreprises » (F).
Fers : « On appelle absolument fers, les chaînes, carcans et menottes qui servent à retenir les prisonniers et les esclaves. En ce sens, il signifie figurément esclavage et se dit particulièrement en matière d’amour : cet amant bénit ses fers, ou a brisé ses fers » (F).
Fesse-mathieu : « Un homme qui prête à gros intérêt et qu’on ne veut pas nommer ouvertement usurier. C’est un terme qu’on dit par corruption, au lieu de dire “il fait le saint Matthieu”, ou “ce que faisait saint Matthieu avant sa conversion”, car on tient qu’il était alors usurier » (F).
Feu : Inspiration poétique, colère, scandale ; passion, amour.
Feux : Ardeur amoureuse, passion.
Fidèle : Fiable, honnête.
Fier : Farouche, sauvage, cruel.
Fierté : « Hautain, altier, intraitable » (F).
Figure ou Figure céleste : « En termes d’astrologie, [...] se dit de la description, de l’état et de la disposition du ciel à certaine heure, où l’on marque les lieux des planètes et des étoiles en une figure de douze triangles qui s’appellent maisons » (F).
Fille : « Se dit absolument de l’état de celle qui n’a point été mariée » (F).
Fillole : Filleule.
Fin (Faire le) : « Ne vouloir pas expliquer ses sentiments » (F).
Flamme : Amour.
Flatter : « Apaiser, adoucir, ménager à l’excès, traiter avec trop de douceur, favoriser, faire plaisir à, toucher, séduire, bercer d’illusions » (DFC).
Flatter quelqu’un de quelque chose : « L’entretenir dans l’espérance trompeuse de cette chose » (DFC).
Flatteur, flatteuse : Qui berce d’un espoir, d’une illusion.
Flegme : Une des quatre humeurs, opposée à la bile. « Se dit figurément de l’humeur d’un homme patient et pacifique » (F).
Fleurer : Flairer.
Fleurettes : « Ne se dit qu’au figuré de certains petits ornements du langage, et des termes doucereux dont on se sert ordinairement pour cajoler les femmes. C’est un diseur de fleurettes » (F).
Flouet : « Corps délicat, de mauvaise constitution et peu robuste » (F).
Fluxion ou défluxion : « Chute d’humeur sur quelque partie du corps. Les fluxions du poumon sont dangereuses » (F).
Foi : Fidélité, loyauté.
Foi (À la bonne) : « On dit qu’un homme est fait à la bonne foi [...] pour dire qu’il est bien niais de croire aux apparences » (F).
Foi (Faire foi de quelque chose) : Le montrer.
Foin : « Interjection ; terme de repentir et d’indignation, qu’on dit lorsqu’on a fait quelque chose qui déplaît, contre celui qu’on accuse d’en être la cause. Foin de moi, foin de vous, foin de votre conseil » (F).
Force : Beaucoup.
Forfaire : « Pécher, manquer à son devoir. Il ne se dit qu’en parlant de certains crimes qui le commettent : comme une fille qui a forfait à son honneur, qui ne l’a pas conservé » (F).
Forfanterie : Fanfaronnade, charlatanerie.
Forligner : « Ne pas suivre la vertu et les bons exemples de ses ancêtres » (F).
Fortune : Sort. « Ce qui arrive par hasard, qui est fortuit. Ce qui advient inopinément. Signifie aussi l’établissement, le crédit, les biens qu’on a acquis par son mérite ou par hasard. Signifie aussi les gens puissants et en crédit. On appelle un homme de fortune, celui qui, n’ayant ni naissance ni bien, parvient à quelque grande charge ou établissement. On appelle, en termes de galanterie, bonne fortune, les dernières faveurs d’une dame, qui d’ailleurs passe pour prude. Homme à bonnes fortunes. On dit aussi qu’un homme est artisan de sa fortune, pour dire qu’il ne doit son avancement qu’à son mérite. On appelle aussi la Cour, le théâtre de la fortune, parce que c’est là où l’on voit les plus grands événements de la fortune » (F).
Fossette (Jeu de la) : Jeu qui consiste à lancer le plus de petites boules dans un trou creusé dans le sol, dans une « fossette ».
Fourber : « Tromper adroitement, finement » (F).
Franc : Libre ; véritable.
Franc (Tout) : Franchement.
Franchise : « Sincérité tant en ses paroles qu’en ses actions. Je vous parle avec franchise, à cœur ouvert, il sert ses amis avec franchise, il s’emploie volontiers pour eux. Signifie, chez les poètes et les amants, liberté. Il a perdu sa franchise, il a engagé sa franchise » (F).
Franquette (À la) : Franchement.
Frapper : On dit proverbialement au collège qu’un écolier frappe sa leçon, frappe ses classes, pour dire qu’il se dérobe à la classe, qu’il manque d’y aller.
Frénésie : « Maladie qui cause une perpétuelle rêverie avec fièvre [...]. Différente de la manie et de la mélancolie parce que celles-ci sont sans fièvre [...]. Diffère de la rêverie parce que celle-ci n’est pas perpétuelle et cesse au déclin de la fièvre. La vraie frénésie est engendrée au cerveau par son propre vice et inflammation de ses membranes » (F). Cela peut aller jusqu’à la folie furieuse.
Frime (Faire de la) : Faire des façons ou faire semblant.
Fripier d’écrits : Celui qui « recoud » de vieux textes et les vend comme des neufs.
Frivole : « Ce qui n’est d’aucune valeur, qui n’a rien de solide qui mérite qu’on le considère » (F).
Front : L’audace ; la témérité.
Fronteau : « Remède que l’on applique sur le front avec un bandeau pour guérir les maux de tête et la migraine. On en fait de roses, de fleurs de sureau, de bétoine, marjolaine, lavande, [...] avec de l’extrait d’opium » (F).
Frustrer : « Tromper quelqu’un en le privant de ses prétentions, de ses légitimes espérances » (F).
Fureur : « Emportement violent causé par un dérèglement d’esprit et de la raison » (F).
Futaine : Vêtement pauvre.

G

Gageure : Pari.
Gagner au pied : S’enfuir.
Galant, galante : « Honnête, civil, savant dans les choses de sa profession. Se dit aussi d’un homme qui a l’air de la cour, les manières agréables, qui tâche de plaire, et particulièrement au beau sexe. En ce sens, on dit que c’est un esprit galant, qui donne un tour galant à tout ce qu’il dit, qu’il fait des billets doux et des vers galants. On dit aussi au féminin, une femme galante, qui sait vivre, qui sait bien choisir et recevoir son monde : une fête galante, une réjouissance d’honnêtes gens » (F). Utilisé également pour « élégant ».
Galant : « Amant qui se donne tout entier au service d’une maîtresse. On dit aussi qu’un homme est un galant pour dire qu’il est habile, adroit, dangereux, qu’il entend bien ses affaires. Se dit aussi en mauvaise part, de celui qui entretient une femme ou une fille avec laquelle il a quelque commerce illicite ; et, au féminin, quand on dit “c’est une galante”, on entend toujours une courtisane » (F).
Galanterie : « Ce qui est galant, se dit des actions et des choses. Se dit aussi de l’attache qu’on a à courtiser les dames. Il se prend en bonne et mauvaise part » (F). Goût pour les intrigues amoureuses. « On dit aussi qu’un homme a gagné quelque galanterie avec une femme, pour dire quelque petite faveur de Vénus qui demande des remèdes » (F). En clair, une maladie vénérienne.
Garantir : « Préserver de quelque mal ou accident » (F).
Garçon (Faire le méchant) : « Pour dire qu’il menace, qu’il frappe, qu’il est brave et dangereux » (F).
Garderobe : « Petite chambre voisine de celle où on couche, qui sert à serrer les habits et les hardes d’une personne, ou à coucher les valets qu’on veut avoir près de soi la nuit [...]. On appelle aussi une garde-robe un aisement, un privé. Aller à la garde-robe, c’est aller décharger son ventre » (F).
Gauchir : Parer, biaiser, éviter en s’esquivant.
Gaule : « Grande perche menue et longue avec laquelle on abat des noix ou des pommes » (F).
Gaupe : Souillon.
Gêne : Instrument de torture. « Se dit de toute peine ou affliction du corps ou de l’esprit » (F).
Gêner : Entraver, tourmenter.
Générosité : Signifie aussi bravoure.
Gens : « Se dit des personnes d’une même société qui se doivent trouver dans un même lieu. Faites servir la table, tous nos gens vont arriver. On dit, en parlant d’un homme habile, que fines gens se mettent dans les affaires. [...] Vous vous moquez des gens. C’est se moquer des gens, pour dire faire des propositions déraisonnables. [...]. Se dit aussi des domestiques d’un même maître. Se dit des personnes d’une même société qui se doivent trouver dans un même lieu. Faites servir la table, tous nos gens vont arriver » (F).
Gentilhomme : « Homme de noble extraction qui ne doit point sa noblesse à une charge ni aux lettres du prince » (F).
Gens : « Se dit aussi des assemblées de plusieurs personnes qui font un corps. Les gens tenant la cour de Parlement. Les avocats et procureurs généraux dans les cours souveraines […]. Signifie aussi une certaine division de personnes distinguées selon leur profession, et leurs bonnes ou mauvaises qualités. […] Des gens de robe, des gens d’épée. […] On appelle bonnes gens, les personnes sans malice, sans pouvoir, sans capacité, qui n’ont ni la volonté, ni la force de faire le mal » (F).
Gentillesse : Trait d’esprit.
Gloire : Dignité, sentiment d’orgueil, relatif au rang ou à la réputation. Parfois utilisé pour « béatitude céleste ».
Gloser : Critiquer, railler.
Godelureau : « Jeune fanfaron, glorieux, pimpant et coquet qui se pique de galanterie, de bonne fortune auprès des femmes, qui est toujours bien propre et bien mis, sans avoir d’autres perfections » (F).
Gourmander : « Traiter quelqu’un de hauteur, le reprendre avec aigreur et orgueil » (F).
Gourmer : « Se battre à coups de poing » (F).
Grâce : Faveur ; attrait.
Grâce (Faire) : Faire plaisir.
Grâce (De sa) : Spontanément.
Grâce (Donner) : Pardonner.
Grandeur : « On dit comme titre d’honneur Votre Grandeur lorsqu’on parle ou qu’on écrit à quelques grands seigneurs qu’on ne traite point d’Altesse, d’Excellence » (F).
Gratter : Flatter. « On dit qu’on gratte quelqu’un où il lui démange quand on flatte sa passion dominante » (F).
Gredins : « Gueux, misérable qui est de la lie du peuple. On le dit aussi des avares et de ceux qui vivent avec grande mesquinerie » (F).
Grimace : Simagrée.
Grimaud : « Terme injurieux dont les grands écoliers se servent pour injurier les petits » (F).
Grisette : « Femme ou fille jeune vêtue de gris. On le dit par mépris de toutes celles qui sont de basse condition, de quelques étoffes qu’elles soient vêtues » (F).
Grouiller : Bouger, remuer, branler, fourmiller.
Gueuser : Mendier, demander l’aumône.
Gueuserie : Pauvreté, mendicité.
Guindé : « Terme de marine. C’est hausser et élever soit les voiles, soit autre chose. On le dit aussi en autres occasions. On ne sait comment cet homme s’est guindé au haut de ce bâtiment pour voir cette cérémonie. Se dit figurément en morale. Cet homme est toujours guindé, pour dire qu’il se veut toujours élever au-dessus des autres ; un style guindé, pour dire enflé, ampoulé, hors du commun ; un style guindé » (F).

H

Habile : Prompt, apte, compétent, cultivé, intelligent, savant.
Habitude : « En physique, le tempérament, la complexion du corps humain » (F).
Habituer : « Signifie aussi établir sa demeure en quelque endroit » (F).
Haire : « Petit vêtement de tissu de crin en forme de corps de chemise qui est rude et piquant, que les religieux austères ou les dévots mettent sur leur chair nue pour se mortifier et faire pénitence » (F).
Hanter : Fréquenter des personnes ou des lieux, rendre visite.
Hantises : « Fréquentations » (F).
Harangues : « Se dit aussi de mauvaise part des discours trop longs, fréquents et ennuyeux » (F).
Hardiment : Librement.
Haricot : « Hachis fait de gros morceaux de mouton ou de veau, bouillis avec des marrons, des navets, etc. » (F).
Harnacher : Voir Enharnacher.
Hasard : Danger.
Hasard (Mettre au) : Exposer.
Hasard (Objet de) : Occasion.
Hasarder : « Risquer, mettre au hasard » (F).
Haut (Porter) : Être hautain.
Haut bout : La place la plus considérée, d’honneur. « On dit qu’un homme tient le haut bout en quelque compagnie, quand il a les honneurs et les prééminences ; et on appelle le haut bout d’une table, le lieu le plus honorable, celui où sont placés les gens de la plus grande qualité, et où l’on sert les meilleurs mets » (F).
Haut d’ais : « Lieu élevé sur lequel le roi ou la reine se mettent dans les cérémonies publiques, soit qu’il y ait un dais dessus, soit qu’il n’y en ait point » (A).
Haut-de-chausses : Partie de l’habit masculin allant de la ceinture aux genoux. « On dit d’une femme qui gourmande son mari, qui fait les affaires de la maison, qu’elle porte le haut-de-chausses » (F).
Hautement : Ouvertement, résolument ; avantageusement, orgueilleusement.
Hauteur : « Se dit aussi de l’autorité que l’on a sur quelqu’un, du traitement injurieux qu’on lui fait, soit en paroles et en menaces, soit en violences effectives » (F).
Hélas : Expression d’émotion, sans intonation de regret ou de dépit. Marque souvent un soupir.
Héritage : « On dit proverbialement “service de Grand n’est pas héritage” pour dire qu’on fait rarement fortune à servir les Grands » (Acad.).
Heur : Bonheur, chance.
Heure (Tout à l’) : Immédiatement.
Heureux : « Se dit figurément en choses spirituelles et morales. Il a la mémoire fort heureuse, un génie fort heureux. Il est heureux en inventions, en expressions, sa physionomie est heureuse. On dit aussi d’heureuse mémoire en parlant des princes depuis peu décédés, dont la mémoire est encore en vénération » (F).
Hoc : « On dit proverbialement cela m’est hoc, pour dire je suis assuré de gagner ce procès, d’avoir cette succession, de faire mon coup » (F).
Honnête : Estimable, honorable ; convenable.
Honnêteté : « Pureté des mœurs » (F), pudeur ; courtoisie, politesse.
Hôpital : Hospice pour les pauvres.
Humeurs : « En termes de médecine, on appelle humeurs les quatre substances liquides qui abreuvent tous les corps des animaux, et qu’on croit être causes des divers tempéraments qui sont le flegme ou la pituite, le sang, la bile, la mélancolie. Il y en a de composées qui s’épaississent et se corrompent comme celles qui font le pus, les glaires et autres qui causent les abcès, les obstructions et généralement toutes les maladies » (F). Humeur : « Se dit aussi du tempérament particulier qui vient du mélange de ces qualités. Ainsi, on dit qu’un homme est d’humeur bilieuse, colérique, emportée ; d’humeur flegmatique, douce, posée, froide ; d’humeur sociable grave ; d’humeur mélancolique, chagrine, inquiète, triste, noire, sombre, bizarre, insupportable, hypocondriaque ; d’humeur sanguine, gaie, enjouée, complaisante, volage, amoureuse ; de belle humeur ; d’humeur joviale. Se dit en morale des passions qui s’émeuvent en nous suivant la disposition ou l’agitation de ces quatre humeurs. Humeur presque en ce sens se dit de la résolution, de la disposition de l’esprit. Il n’est pas d’humeur à vous accorder telle chose ; ce brave* n’est point d’humeur de se laisser battre ; on a de la peine à trouver deux personnes de même humeur qui puissent vivre toujours ensemble » (F).
Huppé : Habile, adroit.
Hymen, hyménée : Mariage.
Hypocondre : « Partie supérieure du bas-ventre. [...] En l’hypocondre droit est situé presque tout le foie, au gauche la rate et la plus grande portion du ventricule ou de l’estomac » (F).
Hypocondriaque : « Qui est travaillé des vapeurs et fumées qui s’élèvent des hypocondres, qui troublent le cerveau, d’où vient qu’on appelle un visionnaire, un fou mélancolique, un hypocondriaque, un fou par intervalle » (F).Voir Mélancolie.

I

Imagination : Fantaisie.
Impatroniser : « Ne se dit qu’avec le pronom personnel. Se rendre maître insensiblement de quelque chose » (F).
Impertinence : Sottise.
Impertinent : Sot.
Imposer : Tromper, faire illusion ; attribuer, décerner.
Impression : Influence.
Impromptu : « Chose d’esprit faite sans préparation et sur-le-champ » (R).
Impudence : « Effronterie, manque de pudeur, d’honnêteté, de respect » (F).
Incartade : « Insulte ou affront que l’on fait en public et par bravade » (F).
Incertain : « Se dit d’un homme qui délibère, qui ne sait que résoudre. [...] Et on appelle absolument un esprit incertain, celui qui n’est pas ferme, qui change à tous moments de volonté » (F).
Incivilités : « Action peu honnête, peu civile, peu courtoise » (F).
Inclination : « Se dit figurément en choses spirituelles des affections de l’âme, et signifie alors une pente ou une disposition naturelle à faire quelque chose. [...] Se dit aussi de l’amour, de la bonne volonté que l’on a pour quelqu’un. [...] Cet amant voit que sa maîtresse a beaucoup d’inclination pour lui » (F).
Incommoder (Être) : Être dans le besoin.
Incommoder (S’) : Se mettre dans une situation précaire.
Incommodité : Infirmité.
Incongruité : « Faute contre la bienséance, les manières d’agir reçues dans le monde » (F).
Inconsidération : « Imprudence » (F).
Indienne : « Robe de chambre à la manière des Indiens » (F).
Indigne : « Est quelquefois un terme d’humilité. Les religieux s’appellent indignes. Nous sommes tous des serviteurs indignes et inutiles, en Saint Matthieu » (F).
Indiscret : « Celui qui agit par passion, sans considérer ce qu’il dit ni ce qu’il fait. Le zèle indiscret de la religion a été cause de toutes les guerres civiles. [...] Se dit plus particulièrement de celui qui ne sait pas garder un secret » (F).
Indolence : « Insensibilité. Les stoïques faisaient principalement profession d’indolence et ne voulaient pas avouer que la douleur fut douleur » (F).
Indolent : « Qui n’est point touché par des affections ordinaires » (F).
Industrie : « Adresse à faire quelque chose, quelque dessein, quelque travail » (F). Ruse, feinte, tromperie ; mais aussi conduite habile, avisée.
Inégal : « Se dit au figuré des choses spirituelles. Un esprit inégal, un style inégal, haut et bas, un homme inégal, fantasque, tantôt caressant, tantôt rébarbatif » (F).
Infirmité : Faiblesse physique ou morale.
Information : « Terme de palais. C’est l’acte par lequel, sur la plainte du procureur du roi, ou de quelque parie intéressée, on s’enquiert dans les formes de justice contre la personne qu’on accuse, avant qu’on l’ajourne personnellement, ou qu’on lui mette la main sur le collet. (Faire une information) » (R).
Inhérence : « Terme de philosophie qui se dit de la jonction de l’accident avec la substance » (F).
Injure : « Le mot signifie souvent injustice, dommage ou tort causé » (DFC).
Innocence : « Se dit aussi de l’état d’un homme de bien qui vit conformément à la vraie religion, qui ne fait tort à personne. Cet homme vit dans une grande innocence de mœurs » (F).
Innocent, innocente : « Qui est net de péchés, exempt de crime » (F).
Inquiétude : « Chagrin, ennui, trouble et affliction d’esprit » (F).
Insinuer : « Couler, faire entrer doucement » (F).
Insolence : Audace, violence, orgueil arrogant. « Manque de respect, impudence, effronterie. Il a eu l’insolence de dire des injures à ce juge. […] C’est un brutal qui fait mille insolences en toutes les honnêtes compagnies » (F).
Insolent : Brute. « Qui parle, qui agit avec insolence, impudence, qui est sans respect. […] Ce valet est insolent, il gourmande son maître » (F).
Instance : Prière, sollicitation ; exigence ; soin empressé ; souci ; au sens juridique : toutes mesures susceptibles d’attaquer quelqu’un en justice.
Insulte : Attaque. « Les insultes des filous et des bretteurs » (F).
Insulter : Outre le sens actuel, le mot peut signifier dénigrer.
Intelligence : Bonne entente. Être de l’intelligence peu signifier, par exemple, être complice d’un complot.
Intempérie : « Défaut d’un juste tempérament, des qualités requises en certaines choses [...]. L’intempérie des humeurs est la cause des maladies » (F).
Intimider : Effrayer.
Inventer : Trouver. « Se prend quelquefois en mauvaise part, pour dire ‘‘controuver’’ : Il faut être démon pour avoir inventé une si noire calomnie » (F).
Inviolable : « Qui ne sera point violé, ou qui le doit point être » (F).

J

Javeline : Arme, demi-pique.
Jocrisse : « Terme injurieux et populaire qui se dit dans cette phrase proverbiale : “C’est un jocrisse qui mène les poules pisser”, en se moquant d’un homme qui s’amuse aux menus soins du ménage, qui est faible et avare » (F).
Jolie : Moyennement belle. « Agréable par sa gentillesse et ses manières » (F).
Jouer : « Au figuré on dit aussi qu’un homme joue un sot personnage quand il est dans un poste désavantageux, quand il n’y a ni honneur ni profit à acquérir en une affaire » (F).
Jouer quelqu’un : Le tourner en ridicule, le tromper.
Jouer quelque chose : La tourner en ridicule.
Jour : « Se dit figurément de la vie » (F) ; éclaircissement, explication ; lumière.
Jour (Prendre) : Prendre rendez-vous. Joyaux : « On appelle ironiquement
un beau joyau quelque chose dont on ne fait pas grand cas » (F).
Judiciaire : « Puissance de l’âme qui a le discernement, la faculté de juger » (F).
Juif : « On appelle un usurier, un marchand qui trompe, ou qui rançonne, un Juif, parce que les Juifs sont de grands usuriers, fripiers, et trompeurs » (F).
Julep : Potion.
Jupon : Large pourpoint.

L

Ladre : « Figurément en morale, avare, vilain* et malpropre* » (F).
Lantiponnage : Chicane ridicule.
Lantiponner : Chicaner, ergoter, discutailler.
Léger (d’ouvrage) : « Les bords étant légers d’ouvrage, l’œil demeure au centre du tableau et l’embrasse agréablement » (F).
Lésine : « Épargne sordide et outrée. Un avare qui veut faire le magnifique fait toujours paraître quelque lésine dans sa dépense. Les pédants sont sujets à toutes sortes de lésines » (F).
Lever un habit : L’acheter. Libéralité : « La magnificence, l’aumône, l’hospitalité, sont des espèces de libéralités. La libéralité n’appartient qu’aux âmes nobles et généreuses » (F).
Libertin : « Qui ne veut pas s’assujettir aux lois, aux règles de bien vivre, à la discipline d’un monastère. Un écolier est libertin quand il frippe* ses classes, quand il ne veut pas obéir à son maître. Une fille est libertine quand elle ne veut pas obéir à sa mère ; une femme à son mari. Les moines libertins sont ceux qui sortent du couvent sans permission. [...] Se dit aussi à l’égard de la religion de ceux qui n’ont pas assez de vénération pour ses mystères, ou d’obéissance à ses commandements » (F).
Libertinage  : « Vie ou conduite libertine. Le libertinage des femmes est « grand » dans ce siècle, pour dire leur coquetterie. Il ne faut pas écouter les discours qui sentent le libertinage » (F).
Licence : « Congé et permission d’un supérieur » (F). « C’est le second degré qu’on prend dans les universités, [...] qui met au-dessus du bachelier et au-dessous du docteur » (F).
Licencier : « Donner congé à ses troupes, ou prendre soi-même des libertés » (F).
Lienterie : « Terme de médecine. C’est une espèce de flux de ventre provenant d’une intempérie du ventricule, et qui consiste en une trop hâtive déjection des viandes avant qu’elles soient digérées » (F). »
Longueur : « Se dit aussi bien du temps que du lieu : il a fallu une grande longueur de temps pour faire ce tableau » (F).
Louable : Terme de médecine. Se dit des bonnes qualités des humeurs ou des déjections qui ont la qualité requise.
Loup-garou : « Est dans l’esprit du peuple un esprit dangereux et malin qui court les champs et les rues la nuit. Mais c’est en effet un fou mélancolique ou furieux qui court les nuits sur les routes et qui bat et outrage ceux qu’il rencontre. Se dit figurément d’un homme bourru et fantasque, qui vit éloigné de toute compagnie » (F).
Lumière : Sensation de la vue ; la vie ; intelligence ; éclaircissement.
Lunettes : « Au XVIIe siècle, sont l’indice certain de l’extrême décrépitude » (C).
Lutin : « Espèce de démon ou d’esprit follet qu’on croit revenir dans les maisons pour faire des malices, du désordre ou de la peine » (F).
Lycanthropie : « Fureur ou maladie qui fait courir la nuit les rues et les champs » (F).

M

Machine : Agencement de moyens, naturels ou non, en vue d’un résultat ; ensemble des organes d’un corps, d’un organisme. « Se dit figurément, en choses morales, des adresses, des artifices dont on use pour avancer le succès d’une affaire » (F).
Machines de ballet : « Sont des inventions pour changer les décorations, faire des vols en l’air, faire mouvoir des animaux et autres artifices qui surprennent et divertissent les spectateurs qui n’en savent pas le secret » (F).
Magnétique : « Quand un physicien ne peut rendre raison d’un phénomène, il dit qu’il est produit par une vertu magnétique ou sympathique*. Les charlatans vendent des remèdes, des emplâtres magnétiques et les ignorants croient qu’il y entre effectivement de l’aimant pilé » (F).
Magnifique : « Celui qui est splendide, somptueux, qui se plaît à faire dépense en choses honnêtes*. C’est la principale qualité des princes d’être magnifiques. Le magnifique ne fait état des richesses que pour faire paraître la grandeur de son âme, sa libéralité* » (F).
Main (Donner la) : L’épouser.
Main haute à quelqu’un (Tenir la) : « Le tenir de court, lui laisser peu de liberté, le menacer souvent de correction » (F).
Main haute : « Faire une chose haut la main, c’est-à-dire, d’autorité absolue » (F).
Main (Sous) : « Clandestinement, à la dérobée, en se cachant » (F).
Mains (Je vous baise les) : Je vous salue. Refus poli.
Mains (Prêter, donner les) : : Aider.
Maître (J’ai bon) : : « Pour dire qu’il est au service ou dans la dépendance d’un homme puissant qui le protège » (A).
Maîtresse : « On le dit particulièrement d’une fille qu’on recherche en mariage » (F).
Mal : Maladie vénérienne. On la mentionne fréquemment comme le mal de Naples.
Mal d’opinion : Un mal qui n’est qu’en imagination.
Malencontre : « Cas fortuit et désavantageux qui arrive. Il arriva par malencontre, c’est-à-dire, par mauvaise fortune* » (F).
Malgracieux : Incivil.
Malhonnête : « Qui n’est pas dans les règles de la bienséance, de la vertu, de la civilité » (F).
Malice : « Qualité mauvaise qui se trouve en quelque chose morale : la malice du péché. Se dit aussi de l’inclination que l’on a à faire mal, et des actions qui sont nuisibles à quelqu’un » (F).
Malicieusement : Avec méchanceté, voire cruauté.
Malicieux : Malfaisant, méchant, pervers.
Malitorne : « Maladroit qui ne peut rien faire de bien, ni à propos. [...] Ce terme est populaire » (F).
Malpropre : Mal habillée.
Mamie : Mot affectueux adressé à une femme.
Mander : Faire savoir, annoncer, faire venir, convoquer.
Manie : Maladie causée par une rêverie avec rage* et fureur* sans fièvre qui provient d’une humeur atrabilaire, engendrée par une adduction de la bile*, de la mélancolie* ou du sang » (F).
Manquement : « Faute » (F).
Manquer : « Omettre, ne pas faire ce qu’on est obligé de faire » (F).
Maraud : Coquins, gueux, qui n’ont ni bien ni honneur.
Marchander : Hésiter.
Marmouset : « Figure d’homme mal peinte [...], homme mal bâti » (F).
Marotte : « Se dit aussi d’une passion violente qui cause quelque dérèglement d’esprit approchant de la folie » (F).
Maroufle : « Terme injurieux qu’on donne aux gens gros de corps, et grossiers d’esprit » (F).
Marques : « Ornements qui distinguent les personnes, qui font connaître leurs dignités » (F).
Masque : « Se dit figurément en choses morales pour signifier une couverture d’une méchante action sous prétexte d’en faire une bonne. Les hypocrites cachent bien des méchanceté sous le masque de la dévotion » (F). (F). « Terme injurieux qu’on dit aux femmes du commun peuple pour leur reprocher leur laideur ou leur vieillesse. En ce sens, il est féminin » (F).
Matassins : Danseurs armés.
Matières : « Se dit figurément en morale des sujets d’écrire ou de discourir, ou de faire quelqu’autre action. Les actions du roi sont de belles matières pour faire des panégyriques, des poèmes » (F).
Maxime : « Principe, fondement de quelque art ou science » (F).
Mazette : Mauvais cheval.
Méchant : Mauvais, ou de mauvaise qualité.
Méconnaître (Se) : Oublier son rang.
Mélancolie : « Une des quatre humeurs qui sont dans le corps, la plus pesante et la plus incommode. La mélancolie cause la tristesse, le chagrin. La mélancolie noire cause quelquefois la folie. Mélancolie signifie aussi la tristesse même. [...] Aussi une rêverie agréable, un plaisir que l’on trouve dans la solitude, pour méditer, pour songer à des affaires, à des plaisirs, ou à des déplaisirs*. Les Amants entretiennent leur mélancolie dans la solitude. Des vers plaintifs sont les fruits d’une douce mélancolie » (F).
Mélancolie hypocondriaque : « Cause une rêverie sans fièvre, accompagnée d’une frayeur et tristesse sans cause apparente, qui provient d’une humeur ou vapeur mélancolique, laquelle occupe le cerveau et altère la température. Cette maladie fait dire ou faire des choses déraisonnables, jusqu’à faire faire des hurlements à ceux qui en sont atteints et cette espèce s’appelle lycanthropie* . La mélancolie vient quelquefois par le propre vice du cerveau, quelquefois par la sympathie* de tout le corps, et cette dernière s’appelle hypocondriaque venteuse. Elle vient des fumées de la rate. La passion mélancolique est au commencement aisée à guérir ; mais quand elle est envieillie et comme naturalisée, elle est du tout incurable, selon Trallian » (F).
Mélanogogues : Purgatif de la mélancolie.
Ménager : Conserver précieusement.
Mendier : « Signifie aussi avoir recours à l’assistance d’autrui » (F). Mercenaire : « Qui est intéressé, facile à corrompre, qui fait tout pour de l’argent » (F).
Merci de ma vie : Interjection. « Manière de jurer dont se servent les femmes de la lie du peuple » (F).
Mérite : Habilité, talent.
Messager : « Celui qui fait des allées et venues pour porter des messages. Signifie aussi celui qui est commis pour porter les hardes et les lettres des particuliers, et qui a pour cet effet un bureau établi par autorité publique. [...] Il y en avait à pied pour porter les lettres ; en charrette pour porter les hardes ; et à cheval pour conduire les hommes » (F).
Méthodiques (Médecins) : « On appelle à Paris les médecins méthodiques ceux qui suivent la doctrine de Galien, qui guérissent avec des saignées et purgations appliquées à propos, par opposition aux empiriques et chimistes, qui usent de remèdes violents et de prétendus secrets » (F).
Mettez votre chapeau ou mettez dessus : Permission donnée par un supérieur à un inférieur de se couvrir.
Meuble : Souvent utilisé pour un « bien ».
Mièvre : « Terme populaire qui se dit des enfants éveillés ou emportés, qui font toujours quelque niche* ou quelque malice* aux autres. Un garçon qui est mièvre en bas âge n’en vaut que mieux, c’est un signe d’esprit et de courage » (F).
Mignard : Délicat ; gracieux.
Mignon de couchette : « Beau jeune homme propre à faire l’amour » (F).
Mijaurée : « Terme populaire et injurieux que les femmes disent à Paris quand elles se querellent. Vous êtes une belle, une plaisante mijaurée pour dire une laide, une sotte » (F).
Mine : « Physionomie, disposition de corps et surtout du visage, qui fait juger en quelque façon de l’intérieur par l’extérieur. On juge à la mine [...] d’une personne, de ses bonnes ou mauvaises qualités » (F).
Mise (Être de) : Être valable, acceptable ; avoir cours.
Miton mitaine : Qui ne fait ni bien ni mal.
Modeste : Modéré, qui a de la retenue, de la pudeur.
Modestie : Modération, mais aussi pudeur.
Mommerie : « Troupe de personnes masquées qui vont danser et se divertir » (F). Bouffonnerie.
Mommon : « Défi d’un coup de dé que l’on fait quand on est déguisé en masque*. Il est défendu de parler, quand on porte un mommon » (F).
Monde (Savoir son / le) : « Connaître les usages de la bonne société, être distingué dans ses manières » (DFC).
Montrer : Enseigner.
Morbleu : « Par la mort de Dieu » devient « par la mort bleue », d’où « palsambleu » ou « par le sang bleu », en abrégé : « Par le sang ». Juron qui exprime l’impatience, la colère, l’aigreur, l’agressivité, l’indignation, l’agacement.
Morgué ou Morguenne : Mort de Dieu, juron campagnard.
Morigéner ou moriginer : « Corriger, instruire, former aux bonnes mœurs » (F).
Morveux : « Qui a de la morve qui lui pend au nez. Et on appelle aussi les enfants, par mépris, de petits morveux » (F).
Mouche (Insecte) : Abeille.
Mouler : « Imprimer [...]. Proverbialement, il faut croire que cela est vrai car il est moulé » (F). Également imprimé dans le ciel.
Monseigneur : « Titre d’honneur et de respect dont on use lorsqu’on écrit ou qu’on parle à des personnes fort qualifiées. On traite les ducs et pairs, les archevêques et les évêques, les présidents au mortier de monseigneur » (F).
Mouvement : Émotion, excitation, impulsion ; élan d’affection.
Mufti : « Chef de la religion mahométane, résidant à Constantinople » (F).
Muguet : Galant.
Murmure : Grondement ; protestation. Murmurer : Protester.
Musette : « Instrument à vent et à anche portatif qui sert à faire une musique champêtre » (F).
Mystère : « Se dit aussi de ce que l’on tient caché, qu’on ne veut pas découvrir » (F). Se dit également pour « cérémonie ».

N

Naturel : Se dit pour « Nature particulière, caractère propre. »
Naturel, adj. : Se dit aussi de ce qui est libre, qui ne paraît point forcé. Cet orateur a […] le geste naturel, il a un style fort naturel » (F).
Naturel, subst : « Se dit de toutes les qualités et propriétés que la nature a mises dans les corps. C’est le naturel des lions d’être cruel. […] Se dit aussi en l’homme de ce qui n’y est point fixe, ni général, mais qui change suivant son tempérament ou son éducation. Néron était d’un naturel cruel. […] On dit aussi : ce tableau a été peint sur le naturel, ou d’après nature, pour dire que ce n’est pas une copie. On dit aussi qu’un homme est naturel lorsqu’il est sincère, naïf et qu’il n’y a aucune affectation en sa manière d’agir. ‘’Au naturel’’, se dit adverbialement en parlant des portraits : ce peintre l’a peint au naturel, il a bien attrapé sa ressemblance » (F).
Naïveté : « Pensée, expression naturelle, aisée. Vérité dite simplement et sans artifice » (F).
Nécessaires (Des) : Domestiques. C’est en particulier ainsi que les précieuses appelaient leurs laquais.
Nécessité : « Besoin, disettes, pauvreté misère » (F).
Nez : « C’est pour votre nez, ou cela vous passera bien loin du nez, pour dire cela ne sera pas pour vous » (F).
Nez (Pied de) : « On dit qu’un homme a eu un pied de nez quand il a été trompé dans ses espérances (F).
Nez (Pris par le) : « On dit qu’il a été pris par le nez comme un buffle, qu’il s’est laissé tromper, amuser*, conduire » (F).
Niche : « Petite tromperie ou malice* que l’on fait à quelqu’un » (F).
Nippes : Effets personnels, objets, petits meubles.
Nœud : « Se dit figurément en choses morales, en parlant des liaisons qui attachent ensemble les personnes » (F).
Nompareil : « Qui n’a point de semblable » (F).
Nourricier : « Mari de la nourrice, ou celui qui a soin d’élever un enfant. Saint Joseph ne fut que le père de Jésus-Christ » (F).
Nouvelliste : « Curieux de nouvelles. Les nobles ruinés et fainéants* sont d’ordinaire nouvellistes ou généalogistes » (F).

O

Objet : « Se dit poétiquement des belles personnes qui donnent de l’amour » (F).
Obligation : « Se dit des actes civils par lesquels on promet de faire ou payer quelque chose » (F).
Obliger : Prier instamment.
Obliger (S’) : Prendre l’engagement (terme du monde des affaires).
Obséder : Poursuivre d’assiduités.
Obstiner (S’) : « Rendre opiniâtre ou s’opiniâtrer » (F).
Occasion : « Se dit des rencontres de la guerre » (F).
Occulte (Vertu) : « Les mauvais philosophes qui ne savent point découvrir la cause d’un effet, d’une maladie, disent que cela vient d’une vertu* occulte » (F).
Offenser : « Choquer quelqu’un, lui nuire en sa personne, en ses biens, en sa réputation. Un homme se tient offensé quand on lui enlève son bien de haute lutte, quand on lui subordonne sa femme, quand on l’outrage en sa personne. […] Signifie aussi blesser, incommoder » (F).
Offenser : Se dit aussi pour “Incommoder”.
Office : Service que l’on rend ; mais aussi devoir.
Office (Mauvais) : Acte destiné à nuire à quelqu’un.
Officieux : « Honnête : obligeant ; serviable, prompt à rendre service » (F).
Offusquer : « Cacher à la vue » (F). Voiler. Mais aussi troubler.
Ombrage : « Signifie figurément défiance, soupçon » (F).
Onde noire : Le Styx, le fleuve des Enfers. Passer l’onde noire signifie mourir.
Opéra : Signifie parfois chef-d’œuvre.
Opérateur : « Médecin empirique, charlatan qui vend ses drogues et ses remèdes en public et sur le théâtre, qui annonce son logis et sa science par des affiches et des billets qu’il distribue. Il ne faut pas se fier à ces gens qui se disent opérateurs et distillateurs du roi » (F). Voir Orviétan*.
Opiner : Émettre son opinion.
Opiner à : Être de l’avis de.
Oppressé (Être) : Être chargé de souffrances.
Oraison : « Terme de grammaire. Discours ordinaire, suite de paroles » (F).
Orge mondé : « Potion que l’on fait avec de l’orge dont on fait tomber la peau. Les dames prennent de l’orge mondé pour se conserver le teint frais et s’engraisser » (F).
Ornements : Musiques, danses, ballets mêlés à une comédie.
Orviétan : Contrepoison en vogue à l’époque, composé de multiples plantes, d’antimoine, mais aussi de corne de cerf et de poudre de vipère. « Antidote qui s’est rendu fameux à Paris parce qu’il a été distribué par un opérateur venu d’Orviette [Orvieto en Italie] dont il a fait des expériences extraordinaires sur un théâtre public » (F). En réalité, un remède de charlatan vendu sur les tréteaux. Voir Opérateur*.
Ouais : « Sorte d’interjection qui marque l’action d’une personne qui en reprend une autre, et qui désapprouve d’un ton de maître ce que cet autre fait » (R).
Oublie : Pâtisserie ronde.
Outrage : Offense ; injustice.
Outrageux : « Signifie qui outrage. Un satirique peut railler, mais il ne doit pas être outrageux. C’est le propre des harengères d’être outrageuses en paroles, en injures » (F).
Ouverture : Confidence. « On appelle aussi ouverture de cœur, cette franchise avec laquelle on découvre les secrets de son âme à son ami » (F).
« On dit aussi d’un homme ingénieux, inventif, qu’il a de belles ouvertures d’esprit. On appelle aussi ‘’ouverture de cœur’’ cette franchise avec laquelle on découvre les secrets de son âme à son ami » (F).

P

Pacifier : Apaiser, calmer.
Page (Hors de) : « On le dit figurément de ceux qui sont affranchis de quelque puissance ou autorité qu’on prenait sur eux » (F).
Pain de rive : Pain « bien cuit sur les bords, qui était placé à la rive du four » (F).
Palsanguenne : Par le sang de Dieu, juron le plus souvent d’étonnement.
Paquet : Courrier ou lettre.
Par soi (Une lettre) : « Quand cette lettre forme toute seule une syllabe, les enfants disent en épelant A de par soi A » (F).
Paraître : « Se faire distinguer des autres, éclater davantage. [...] Les courtisans se ruinent pour vouloir paraître plus qu’ils ne peuvent » (F).
Paraguante : Gratification, pourboire.
Parbleu : Interjection qui s’écrivait autrefois “pardieu”, mais qui a été modifiée pour éviter la connotation blasphématoire. Juron qui s’utilise pour manifester un vif mécontentement et prendre le ciel à partie.
Parcourir : Examiner.
Parguenne : Par Dieu.
Partie : « Se dit aussi de tous les divertissements où l’on engage certaines personnes, et à certains jours » (F).
Parties : Mémoire de provisions faites par les marchands.
Pas : Démarche. « Se dit aussi des peines qu’on prend, des fatigues, des difficultés qui se rencontrent dans les affaires. C’est un homme qui a bien fait des pas inutiles dans cette affaire, pour dire qu’il y a employé bien des soins. Cet amant a bien perdu des pas à la recherche de cette fille, pour dire : il y a bien fait de la dépense, soit en argent, soit en fleurettes » (F).
Pas (Avoir le) : Marcher le premier.
Pas (Le pas devant) : La prééminence ; l’avantage.
Passer : Dépasser, outrepasser.
Pâté en pot ou hochepot : « Ragoût bourgeois fait de bœuf dans un pot qui lui tient lieu de croûte » (F).
Patibulaire : « Qui appartient au gibet. Les seigneurs hauts-justiciers mettent des fourches patibulaires dans l’étendue de leur terre. On élève différents nombres de piliers pour faire des fourches patibulaires. […] Il y a seize piliers à Montfaucon qui font les fourches patibulaires de Paris où l’on portait autrefois les corps des exécutés à mort pour être exposés à la vue des passants. On dit qu’un homme à une mine patibulaire quand il a quelque chose de sinistre dans le visage qui marque de méchantes mœurs […]. On appelle une rue patibulaire celle où il y a eu des gens suppliciés » (F).
Patiner : « Manier avec la main. La viande d’un étal de boucherie est patinée par toute sorte de gens. [...] On dit aussi qu’on patine une femme quand on lui manie les bras, les seins, etc. » (F).
Patineur : « Qui patine. Les Provinciaux sont de grands patineurs » (F).
Patrociner : Parler comme un avocat, plaider.
Payer : Payer de raisons, de mensonges, duper par de belles paroles.
Pécore : « Bête, stupide » (F).
Pédant : « Se dit aussi de celui qui fait un mauvais usage des sciences, qui les corrompt et les altère. [...] Les qualités d’un pédant, c’est d’être mal poli, malpropre, fort crotté, critique opiniâtre, et de disputer en galimatias » (F).
Peine : « Obstacle, difficulté. Mais aussi douleur, tourment » (F).
Peiner (Se) : Se fatiguer, faire des efforts.
Pénard : « Vieil homme cassé » (R). « Terme injurieux qu’on dit quelquefois aux hommes âgés » (F).
Penchant : Inclination.
Pencher : Chanceler ; décliner.
Pendard : « Qui a commis des actions qui méritent la corde » (F).
Perfections : « Se dit au pluriel de l’assemblage de toutes sortes de bonnes qualités. Cette femme a toutes les perfections que l’on peut souhaiter » (F).
Péricliter : « Être en danger. [...] il n’y a rien qui périclite, il n’y a point de péril en la demeure » (F).
Péronnelle : « Terme injurieux qu’on dit à une femme ou à une fille de basse condition, ou servante » (F).
Perplexité : Inquiétude, irrésolution.
Peste : Exclamation manifestant la mauvaise humeur, la malédiction ou, au contraire, l’étonnement ravi.
Petite-oie : Partie accessoire de l’habit : ruban, gants, etc.
Pic, repic et capot : Termes du jeu de piquet désignant les coups gagnants.
Pièce (bonne ou méchante) : « Personne rusée ou maligne » (F).
Pièce : « Jouer pièce à quelqu’un, lui faire pièce : lui faire quelque supercherie, quelque affront, lui causer quelque dommage ou raillerie » (F).
Pied (Être mis sur le) de : Avoir acquis la réputation de.
Pied de (Prendre le) : Se donner le pouvoir de.
Pied plat : Esprit provincial. Les campagnards portaient des souliers
sans talons. Un rustre.
Pimpesouée : « Se dit dans le style familier en parlant d’une femme qui fait la délicate et la précieuse » (Acad.).
Piquer : Donner de l’éperon au cheval.
Piquet : « Le plus fameux des jeux de cartes qui se joue entre deux personnes » (F).
Pis (Tant) : Encore pis.
Pitoyable : « État malheureux de celui qui excite à la pitié. [...] Voilà l’histoire pitoyable et lamentable d’un tel. Se dit aussi de celui qui a des sentiments de compassion pour les misères d’autrui » (F).
Plaiderie : Procès.
Plaisant : Personnage comique, ridicule. Qui fait rire.
Plaisir : « Signifie aussi : volonté, discrétion » (F).
Plancher : Plafond.
Plâtrer : « Déguiser, masquer » (DFC).
Pleige : « Caution judiciaire, qui s’oblige devant le juge de représenter quelqu’un, ou de payer ce qui sera jugé contre lui » (F).
Pléthore : Voir Cacochymie*.
Plumassier : « Marchand qui vend et prépare des plumes pour mettre sur les chapeaux, les lits et les dais » (F).
Poil et à la plume (Au) : « On dit qu’un homme est au poil et à la plume pour dire qu’il est bon à être soldat et homme de robe » (F). Qu’il est doué de plusieurs talents.
Point (Un) : Un point de dentelle.
Pointe : « Se dit d’une résolution constante. Un habile homme poursuit toujours sa pointe quand il a bien concerté son entreprise » (F).
Poire d’angoisse : Espèce de bâillon.
Pois gris (Avaleur de) : Un goulu.
Politesse : Distinction, élégance. Pompe : Cortège solennel ; éclat, solennité.
Pompeux : Qui a de la grandeur.
Porte-respect : Mousqueton ou carabine.
Porter parole : « On dit aussi porter parole à quelqu’un, pour direlui faire des offres, des propositions » (F).
Poste : « Se dit figurément en morale des choses qui sont disposées à notre fantaisie, qui sont à notre gré. [...] Il fait toute chose à sa poste, à sa manière » (F).
Poste (Courir la) : Aller très vite.
Potage (Pour tout) : Rien de plus.
Poule laitée : Lâche, sot « qui se mêle du ménage des femmes » (F).
Poulet : Billet doux.
Pousser : Attaquer ; faire la conquête ; mener à bien.
Pratiques : Ensemble d’usages ; mais aussi menées, intrigues ; ou encore relations, fréquentations, clientèle ; et encore recette, gain. Enfin, « donner de la pratique » signifie causer du souci, tracasser.
Préoccupation : « Préjugé, prévention, impression qu’on s’est d’abord mis dans l’esprit » (F).
Préoccuper : « Prévenir, mettre dans l’esprit d’une personne les premières impressions, les premières connaissances d’une chose. La faiblesse de l’esprit de l’homme est telle qu’il se préoccupe aisément, qu’il a du mal à effacer les impressions dont il est préoccupé, qui entrent les premières dans son esprit » (F).
Prescrire : « Acquérir droit de prescription par une possession de bonne foi légitime et sans trouble. Signifie aussi ordonner précisément ce qu’on fera, limiter un pouvoir. Je ferai ponctuellement tout ce que vous m’avez prescrit. Il a passé* son pouvoir et les bornes qui lui avaient été prescrites » (F).
Présentation  : « Le droit du procureur qui offre d’occuper en une cause » (F).
Prétendre : Aspirer à ; souhaiter.
Prévenir : Anticiper ; devancer ; inspirer des préventions à quelqu’un, le disposer en bien ou en mal ; tromper ; influencer.
Prévention : Idée préconçue, idée fixe.
Prévoyance : « Raisonnement, action par laquelle on voit par avance ce qui doit arriver suivant le cours naturel des choses. La prévoyance sert à nous garantir de plusieurs inconvénients qui nous peuvent arriver » (F).
Priser : Estimer.
Prises (Être aux) : Se disputer.
Privauté : Familiarité, liberté. « Les maris n’aiment pas qu’on ait des privautés avec leurs femmes. Les Grands trouvent mauvais les privautés que veulent prendre leurs bouffons avec eux » (F).
Privilège : Le privilège garantissait son possesseur de l’exclusivité et permettait de faire condamner les éventuels contrefacteurs.
Prix : Récompense, valeur, mérite.
Prix (Au prix de) : En comparaison.
Procédé : Façon de se conduire en matière d’honneur.
Procureur : Se dit aussi pour : Interprète qui parle par procuration.
Production : « En termes de Palais, se dit de quelques titres ou papiers qu’on fait paraître en justice pour appuyer le bon droit qu’on a en un procès, la vérité des faits qu’on y allègue » (F).
Produire : « Avancer dans le monde, faire connaître. Il faut avoir quelque patron à la cour qui vous produise, qui vous prône » (F).
Produire : Révéler. « Donner la naissance à quelque chose, la faire paraître au jour » (F).
Profane : « Se dit de toute personne qui n’a point de caractère sacré, de toutes les choses qui ne concernent point le culte de la vraie Religion [le catholicisme]. Socrate et Sénèque sont des auteurs profanes. Tous les prêtres et pontifes païens passent ici pour des gens profanes. La philosophie, les lois, la médecine sont toutes sciences profanes. Se dit aussi des ignorants ou de ceux qu’on méprise assez pour ne leur vouloir pas découvrir les secrets d’un art, dont ils raillent, parce qu’ils n’en connaissent pas les principes » (F).
Propice : Favorable.
Propre : « Bien net, bien orné. [...] Voilà un habit fort propre » (F) ; élégant. « Se dit aussi de ce qui est destiné à un certain usage » (F). « Se dit aussi des qualités naturelles et nécessaires pour réussir quelque chose » (F).
Proprement : Élégamment.
Propreté : « Qualité de celui […] qui a soin de se tenir proprement et nettement. Les femmes ont quelquefois une propreté affectée et ridicule. Il est d’un honnête homme d’aimer la propreté, mais non pas de l’outrer » (F).
Proscrire : « Se dit figurément de quelques mots ou phrases de la langue. Les délicats ont proscrit les mots de prouesse, de détresse, et une infinité d’autres : ils les ont condamnés quoique ce soient de bons mots français et bien expressifs » (F).
Protestations : Offres d’amitiés.
Prou : Beaucoup, suffisamment, « ne se dit guère qu’en riant dans le comique » (F).
Provincial : « Se dit souvent de mauvaise part. Un provincial, c’est un homme qui n’a pas l’air et les manières de vivre qu’on a à la cour et dans la capitale » (F).
Prudence : Sagesse ; vigilance ; habilité. « La première vertu cardinale qui enseigne à bien conduire sa vie et ses mœurs, ses discours et ses actions suivant la droite raison. La prudence nous oblige à bien examiner les choses, à prendre conseil. Un juge doit juger avec prudence et circonspection » (F).
Prud’homie : Honnêteté, droiture.
Pudeur : Chasteté.
Puissance : Pouvoir ; capacité.

Q

Qualité : Personne de qualité, noble.
Quartaine : « Épithète de la fièvre quarte » (F).
Quartaut : Tonneau d’environ 70 litres.
Quarter : « En termes d’escrime, c’est ôter son corps hors de la ligne ; ce qui se fait en pirouettant ou tournant le corps comme sur un pivot, pour se défendre des passes » (F).
Quatre-temps : Jeûnes commandés par l’Église aux quatre tiers de l’année, où il faut jeûner les mercredi, vendredi et samedi d’une semaine » (F).
Queussi-queumi : Moi aussi, pareil.
Quinteux : Capricieux.
Quittance : « Acte par lequel on décharge quelqu’un du paiement d’une dette » (F).

R

Rabattre : Chasser, renvoyer ; déduire, diminuer (de moitié, par exemple).
Race : Lignage.
Rage : Se dit figurément en morale de toutes les passions outrées. Un soufflet reçu met la rage dans le cœur d’un gentilhomme. Les tyrans poussent leur haine jusqu’à la rage » (F).
Rage (Faire) : Faire d’énormes efforts. « S’emploie quelquefois pour louer ou blâmer une action. Cet avocat a fait rage pour sa partie, il a bien plaidé pour elle. [...] Cette critique est l’effet de la rage de l’envie » (F).
Ragoût : « Ce qui est fait pour donner de l’appétit. [...] Se dit aussi des choses qui renouvellent d’autres désirs que ceux de l’estomac. Une jeune femme est un ragoût qui renouvelle la vigueur d’un vieillard » (F).
Raison (Faire) : Faire réparation, venger ; éclaircir.
Raisonnable : « Qui est pourvu de raison. [...] Signifie aussi, juste et équitable. Ce marchand est fort raisonnable, il ne vend point trop cher sa marchandise » (F).
Raisonneur : « Qui fait des difficultés, des répliques, des mauvais raisonnements. Quand les supérieurs commandent, ils ne veulent point de raisonneurs, de gens qui murmurent, qui obéissent à regret. Cet homme est un raisonneur avec lequel on ne conclut rien » (F).
Rajuster : Remettre en état ; réconcilier.
Ramasser : Regrouper, réunir.
Rang : « Ordre convenable ; place qu’on donne à la qualité, au mérite qui convient à la juste disposition de choses. Dieu tient le premier rang. Les rois sont au second rang » (F).
Ranger : « Imposer des lois » (F).
Rapatrier : Réconcilier. « Raccommoder une personne avec une autre » (F).
Rappeler : Ranimer, renouveler.
Rapport : « La ressemblance que deux choses ont entre elles » (F).
Rapsodie : « Recueil de plusieurs passages, pensées, qu’on rassemble pour en composer quelque ouvrage. Quand on veut mépriser l’ouvrage d’un auteur, on dit que c’est une rapsodie, qu’il n’y a rien de son invention » (F).
Rare : Extraordinaire.
Rasseoir : Se calmer, s’apaiser.
Rate (Vapeur de) : Mélancolie*. Ravissement. Sortilège.
Rebattre : Répéter encore et encore.
Rebut : Rebuffades ; personne dédaignée ; rejet ; déchet.
Rebuter : Dédaigner, rejeter.
Réclamer : Se dit aussi pour invoquer. « On réclame dans l’affliction toutes les puissances du Ciel et de la Terre » (F).
Récolement : « Procédure que l’on fait en un procès criminel lorsqu’on relit à un témoin la déposition qu’il avait faite auparavant pour voir s’il veut persister ou ajouter ou diminuer. « Le récolement se fait avant la confrontation » (F).
Recors : Officiers subalternes servant de témoins.
Recourir : « Signifie, figurément, implorer l’aide, la faveur, la bonté, la protection, de quelqu’un qui peut assister dans le besoin » (F).
Recours : Consolation ; « faveur, protection que l’on implore » (F).
Récrier (Se) : S’extasier.
Redonner : Rendre.
Redoubler  : « Réitérer, faire une chose plusieurs fois » (F).
Réduire (Se) : Se ranger.
Réfléchi : Peut signifier reflété.
Régal, régale : Cadeau.
Régaler : Offrir. « Faire des fêtes, [...] de petits présents [...]. Se dit aussi de mauvaise part : Ce donneur de sérénades fut régalé en son chemin d’un pot de chambre sur la tête » (F).
Regard : Souci, préoccupation.
Regarder : Tenir compte de ; se préoccuper de ; distinguer.
Relever : Faire valoir.
Relever (Se) : « Terme de chancellerie, se dit des lettres scellées que le prince accorde pour faire casser des contrats et autres actes, pour lésion et autres nullités de fait ou de droit » (F).
Remède (Petit) : « Un lavement » (F).
Renchérir : « Se dit aussi de ceux qui exagèrent, qui augmentent, perfectionnent quelque chose » (F).
Rencontre : Circonstance, occasion.
Rencontrer : Trouver. « Trouver la chose dont on a besoin, soit qu’on la cherche, soit que le hasard nous la présente. […] On dit aussi qu’un torrent entraîne tout ce qu’il rencontre » (F).
Renfermer : « Se dit figurément en morale, et signifie restreindre ; resserrer ; borner ; retenir ; contenir » (F).
Rengrégement : « Augmentation de mal ou de douleur » (F).
Repaître (Se) : Se nourrir.
Réplétion : Congestion, abondance de sang ou d’humeurs.
Repos : « Certaines masses ou grands endroits d’un tableau qui empêchent la confusion des objets [...] en sorte qu’on considère les groupes les uns après les autres » (F).
Repos (Être en) : Être rassuré.
Résidence (Faire) : Séjourner.
Résolu : Brave, déterminé, hardi.
Respect : Motif de considération.
Respirer : Vivre. « Se dit figurément en morale, en parlant des passions violentes. Un tyran ne respire que le sang et le carnage. Un amant ne respire et ne vit que pour sa maîtresse » (F).
Respirer de (suivi d’un infinitif) : Attendre avec impatience : « Dès que j’ai reçu une lettre, j’en voudrais tout à l’heure* une autre, je ne respire que d’en recevoir » (DFC).
Respirer après : « Désirer ardemment » (DFC).
Ressentiment : Sentiment en retour (par exemple la vengeance) ; reconnaissance ; le fait de ressentir ; effet de souffrance ; contre-coup. « La reconnaissance est un ressentiment qu’on a du bien que quelqu’un nous a fait [...]. La vengeance est un ressentiment qu’on a des injures qu’on a souffertes » (F).
Ressorts : Moyens mis en œuvre pour mener à bien une intrigue ou un projet ; principe ; cause agissante.
Reste : « On dit figurément [...] qu’on a donné le reste à quelqu’un quand on lui a fait une si vive répartie, qu’il n’a osé répliquer » (F).
Retirer : Donner, recevoir refuge chez quelqu’un ; délivrer.
Retour : Revirement ; revers ; insuccès. Mais aussi réciprocité.
Réussir : Avoir comme issue, comme conséquence ; résulter, sortir.
Revenir : « Signifie convenir, avoir du rapport. [...] C’est un homme qui me revient fort, son humeur revient à la mienne, pour dire nous avons bien du rapport l’un avec l’autre » (F).
Revêtir : Se dépouiller, se dessaisir de son bien au profit d’une autre personne » (F).
Rhabiller : « On dit au figuré qu’on rhabille une faute, une affaire, quand on répare le mal qu’on avait fait » (F).
Rhubarbe : Plante alors considérée curative.
Rigoureux : « Qui est dur, sévère ; douloureux » (F).
Rigueur : « On dit les rigueurs d’une maîtresse, pour dire sa vertu, le refus qu’elle fait de ses faveurs » (F).
Rimeur de balle : Rimeur de pacotille.
Ris : Rires.
Robin : Gens de robe, ou niais.
Rondache : « Espèce de bouclier dont se servent encore les Espagnols » (F).
Rubrique : « Est aussi le nom qu’on donne au titre d’un livre du droit, qu’on nomme ainsi à cause que les titres étaient autrefois écrits en lettre rouge. [...] On dit proverbialement qu’un homme entend la rubrique lorsqu’il est fort intelligent dans les affaires » (F).
Rudânier : « Terme populaire qui se dit des gens grossiers et rébarbatifs, qui rabrouent fortement les autres et qui ne connaissent aucune civilité » (F).
Ruelle : « Se dit des alcôves et des lieux parés où les dames reçoivent leurs visites, soit dans le lit, soit sur des sièges. Les galants se piquent d’être gens de ruelles, d’aller faire de belles visites. Les poètes vont y lire leurs ouvrages dans les ruelles pour briguer l’approbation des dames » (F).

S

Sabouler (Se) : « Terme populaire qui se dit de ceux qui se tourmentent le corps, qui se renversent à terre, se roulent, se houspillent » (F).
Sac : « En termes de Palais, se dit de celui où l’on met les papiers d’un procès » (F).
Sain : Utilisé aussi pour intact.
Saison : Moment.
Saison (Hors de) : N’est pas d’actualité.
Salaire : « Prix ou récompense du travail, des services qu’on a rendus, des bonnes actions que l’on a faites » (F).
Salut : « Il se dit par excellence de la béatitude éternelle. Nos soins les plus importants doivent être ceux de notre salut. Se dit aussi des choses mondaines. Je l’ai cent fois averti de son salut, c’est-à-dire je lui donné de bons conseils pour sa sûreté, pour la conduite de sa vie. Se dit aussi des témoignages de respect, d’honneur ou d’amitié, qu’on se rend réciproquement dans les rencontres ou dans les visites. Se dit proverbialement en ces phrases : à bon entendeur salut, quand on veut faire un reproche à quelqu’un en paroles couvertes » (F).
Sang (Par le) : Voir Morbleu*.
Satisfaction : « Excuse, réparation, dédommagements » (F).
Satisfaire : « Donner consentement à quelqu’un, payer ce qu’on lui doit. Faire ce qu’on est obligé de faire » (F). Se dit aussi en morale à l’égard des désirs. Un ambitieux, un avare, ne peut jamais satisfaire son désir de gloire, d’amasser des trésors. Il a satisfait sa colère » (F). « Signifie aussi exécuter. Cet officier a satisfait à tous les ordres qu’on lui a donnés » (F).
Sauvage : « Se dit figurément en morale de ceux qui ont l’esprit ou les mœurs fantasques, bourrues, qui ne se peuvent pas aisément adoucir, civiliser, gagner par la raison » (F). On dit [...] qu’un mot, une phrase ou la construction d’un discours ont quelque chose de sauvage, quand il y a quelque chose de rude à quoi on n’est pas accoutumé, qui paraît étranger » (F).
Sauver : Excuser ; expliquer.
Scandaliser : Compromettre une réputation en rendant public une faute ou un délit.
Sciences curieuses : « Celles qui sont connues de peu de personnes ; qui ont des secrets particuliers comme la chimie, l’optique, qui font voir des choses extraordinaires avec des miroirs et des lunettes et plusieurs vaines sciences où l’on pense voir l’avenir, comme l’astrologie judiciaire, la chiromancie, la géomancie, et même on y joint la cabale, la magie, etc. » (F).
Scoffion : Coiffe.
Seconder : « Servir de second, et aider à celui qui fait quelque action » (F).
Secte : « Terme collectif qui se dit de ceux qui suivent les mêmes maximes, les mêmes opinions de quelque auteur ou philosophe fameux » (F).
Séduire : Tromper. « Abuser quelqu’un, lui persuader de faire le mal, ou lui mettre dans l’esprit quelque mauvaise doctrine » (F).
Seing : Signature.
Sel attique : Qualité d’humour délicat attribuée aux Athéniens de l’Antiquité » (F).
Semondre : « Avertir ; inviter : il ne se dit plus qu’en fait de quelques cérémonies. Semondre à un enterrement » (F).
Séné : Médecine laxative et purgative.
Sens : « Est quelquefois opposé à la raison et signifie l’appétit, la partie basse de l’homme. Signifie aussi l’esprit, le jugement, la raison » (F).
Sensible : Spectaculaire ; douloureux. « Se dit figurément en choses morales, et en parlant de l’émotion de l’âme et des passions » (F).
Sentence : « Jugement rendu par des juges inférieurs et dont on peut appeler. Se dit aussi d’un sentiment particulier qu’on exprime au dehors : vous avez bientôt dit votre sentence là-dessus, on ne vous demande pas votre avis. J’appelle de votre sentence, de votre jugement » (F).
Serein : « Humidité froide et invisible qui tombe vers le coucher du soleil, qui engendre des rhumes » (F).
Serrer : « Enfermer, arranger, mettre à couvert. Lier, étreindre » (F).
Servante : Voir Valet*.
Service : Culte ; hommage.
Serviteur : Voir Valet*
Sévère : Cruel, dur, impitoyable.
Sexe : « Absolument parlant, se dit des femmes. C’est un homme qui aime le sexe, c’est-à-dire les femmes » (F).
Siècle : La société profane contemporaine.
Siffler : « Signifie aussi donner un témoignage de mépris et de risée par des sifflements » (F).
Simplicité : « Innocence naturelle, naïveté ; crédulité » (F).
Soins : Soucis. « Diligence que l’on apporte à faire réussir une chose, à la garder, à la conserver. [...] Se dit aussi des soucis, des inquiétudes qui émeuvent, qui troublent l’âme. [...] Se dit aussi de l’attache particulière qu’on a auprès d’un maître, pour le servir ou lui plaire » (F).
Sollicitation : « Empressement pour obtenir quelque chose de quelqu’un pour réussir une affaire » (F).
Solliciter : Solliciter ses juges, aller les visiter pour leur expliquer son affaire.
Sollicitude : « Ennui, chagrin que donne la sollicitation d’une affaire, l’appréhension de son événement » (F).
Sophistiqué : Affecté, composé.
Sophistiquer : « Altérer frauduleusement » (DFC).
Sot : Idiot, ou cocu. Les deux n’étant pas nécessairement incompatible.
Souffrir : « Signifie ne pas s’opposer à une chose, y consentir tacitement » (F) ; endurer, supporter, tolérer.
Soûl : Ce que l’on possède par excès, à satiété.
Soupe perlée : Excellente.
Soupirer : « Exprimer par ses paroles, et par extension par ses attitudes, la peine, le regret, etc. [...]. Le verbe s’est spécialisé dans le sens figuré de “pousser des soupirs amoureux” » (RDH).
Souquenille ou siquenille : « Vêtement de grosse toile qu’on donne aux valets pour conserver leurs habits propres » (F).
Sourd, sourdement : « Secrètement, sans bruit » (F).
Souris : Sourire.
Spéculation : « Contemplation, attention par laquelle on s’applique à l’admiration des choses divines et naturelles. L’esprit s’abîme dans la spéculation des mystères » (F).
Station : « Pause, lieu où on s’arrête pour se reposer » (F).
Subordination : « Terme relatif qui marque les degrés de supériorité ou d’infériorité des choses les unes à l’égard des autres. Il y a de la subordination en toute la nature » (F).
Suborner : « Corrompre, porter quelqu’un au mal » (F).
Suborneur : Auteur d’un enlèvement, passible de la peine de mort.
Subtilisé : Évanescent.
Succéder : « Se dit aussi en morale, des charges, des dignités, et des autres places où l’on entre l’un après l’autre. [...] On ne sait pas qui doit succéder au pape [...]. Se dit aussi héritier des biens d’un défunt, soit par droit de parenté, soit par institution testamentaire. [...] Signifie aussi réussir. Les entreprises faites à la hâte ne succèdent jamais. [...] On dit proverbialement qu’un homme est habile à succéder lorsqu’il est ardent au gain, qu’il ne laisse rien perdre, et qu’il est prompt à s’emparer du bien d’autrui » (F).
Succès : Issue, résultat (positif ou négatif).
Sucrée (Faire la) : « On dit qu’une femme fait la sucrée lorsqu’elle est dissimulée, qu’elle fait la prude, qu’elle affecte des manières douces et honnêtes pour couvrir des coquetteries secrètes » (F).
Suffisance : « Ce qui peut suffire, contenter le besoin. La plupart des animaux ne mangent qu’à leur suffisance. […] Se dit aussi en chose morale de la capacité, du mérite d’une personne. […] Se dit aussi en mauvaise part, d’une grande présomption fondée sur un faux mérite, sur une trop bonne opinion que l’on a de soi-même » (F).
Suffrage : Approbation, appui.
Suisses : « Les portiers des grands seigneurs » (F).
Suite : Implication, conséquence ; continuité, développement. « Se dit du train, de l’équipage d’un homme, de ce qu’il peut mener après lui. Cet ambassadeur avait un beau cortège, une belle suite » (F).
Superbe : Ce qui marque la magnificence, la somptuosité. Se dit aussi en mauvaise part pour vain, et orgueilleux.
Support : Appui, soutien.
Supporter : Prendre parti.
Supposer : « Signifie mettre une chose à la place d’une autre par fraude et tromperie. Il y a des femmes qui supposent des enfants à leurs maris, quoiqu’elles ne sont point accouchées. J’avais fait prix avec ce marchand d’une telle étoffe, dès que j’ai tourné les yeux, il m’en a supposé une autre. On a supposé une pièce fausse dans ce procès, et on a retiré la bonne. On dit aussi on lui a envoyé une personne supposée ; on a fait cet acte sous un nom supposé, pour dire qu’il y a eu de la tromperie en la personne, ou en quelque acte qui a été passé » (F). « Signifie aussi faire une fausse allégation, ou accusation. [...] Cet homme a supposé un faux crime à son ennemi pour le perdre » (F).
Sûreté : Sr dit aussi pour caution, garantie.
Surfaire : Surévaluer.
Surprenant : « Ce qui ravit, émeut l’esprit, parce qu’on ne s’y attendait pas » (F). Mais aussi destiné à surprendre.
Surprise : Souvent dans le sens de tromperie.
Sus : Interjection d’excitation « Sus donc ! ».
Sympathie : « Convenance ou conformité de qualités naturelles, d’humeurs, ou de tempérament, qui font que deux choses s’aiment, se cherchent, et demeurent en repos ensemble » (F). Vertu occulte d’un corps sur un autre.

T

Tabler : Tenir table. « On dit figurément : Tablez là-dessus, pour dire ‘‘Comptez là-dessus’’, accommodez vos affaires sur ce plan » (F).
Talonner : Harceler.
Tarare : « Mot burlesque [...] qui marque qu’on se moque de ce que l’on dit et qu’on n’y ajoute point foi » (R).
Tâter : « Essayer, avaler un peu de quelque chose, pour connaître la saveur et la qualité, se dit figurément en choses morales et signifie éprouver, essayer, tâcher de découvrir » (F).
Taxer : Accuser.
Témérité : « Vice opposé à la véritable vaillance par une de ses extrémités qui est l’excès. Se dit aussi d’une action hardie, insolente, inconsidérée. Se dit aussi par exagération en matière de compliment : Excusez si j’ai la témérité de vous écrire » (F).
Témoignage, Témoin : Preuve.
Tempérament : « Juste mélange qui produit l’équilibre ; adoucissement, ménagement » (DFC). « Complexion, habitude ordinaire du corps de l’homme, sa constitution naturelle, la disposition de ses humeurs. Il y a des gens d’un tempérament robuste et violent, qui sont bons pour la guerre ; d’autres, d’un tempérament doux et délicat, qui sont propres pour l’Église. En médecine, on appelle aussi tempérament, le mélange et l’harmonie des quatre simples qualités élémentaires [...] « Se dit aussi figurément en choses morales, d’un adoucissement, d’une voie mitoyenne qu’on trouve dans les affaires pour accorder des parties. Il n’y a point d’affaire si difficile où l’on ne trouve quelque tempérament » (F).
Tendre : « On dit d’un ouvrage de peinture ou de sculpture qu’il est tendre, qu’il a de la tendresse, qu’il est travaillé tendrement, pour dire délicatement, poliment, quand les clairs et les bruns sont bien mêlés, et les couleurs bien noyées et adoucies » (F).
Tendresse : Délicatesse ; attendrissement ; inclination ; tendance ; émotion.
Ténébreux : Incompréhensible.
Testigué, testiguienne : Tête de Dieu, juron de comédie.
Tête (plus grosse que le poing) : « Lorsqu’un homme, qui paraît rêveur et à qui on demande ce qu’il a ne veut pas répondre précisément, il dit qu’il a la tête plus grosse que le poing » (A).
Têtebleu : Juron.
Tiers et du quart (Médire du) : Médire sans nuance de tout le monde.
Timbre : « Se dit figurément en morale de la cervelle d’un homme, ou de son esprit » (F).
Tiré, tirée : Trop subtil.
Tireur d’armes : « Maître d’escrime qui enseigne à manier l’épée » (F).
Tortu : « Qui n’est pas en droite ligne » (F) ; pas bien fait, pas droit.
Touchant : « Qui persuade, qui émeut l’esprit, les passions » (F).
Toucher à : Atteindre.
Toucher à quelqu’un : Le concerner.
Toucher là ou toucher à quelqu’un dans la main : Lui taper la main en témoignage d’accord.
Tour : Forfait, ruse, manière de se conduire ; façon de présenter quelque chose ; détour.
Tourner : Diriger ; convertir.
Tout beau, tout doux : Allez-y doucement.
Train : Équipage*.
Trait : Élan ; blessure d’amour ; raillerie. « Se dit figurément et poétiquement des regards et des blessures qu’ils font dans les cœurs, quand ils y inspirent l’amour. Les traits de Cupidon. Les doux traits de ses yeux. Il a été blessé de ses traits, il a senti les traits de sa colère » (F). « Ce qu’il y a de brillant, de frappant dans une œuvre littéraire. Ce qui touche, qui émeut » (DFC). Flèche.
Trait (Donner le premier)  : « Engager une affaire » (DFC).
Trait (Prendre) : « Durer longtemps » (DFC).
Traitable : Sociable. « Qui a l’esprit doux et facile, qui entend volontiers raison, qui se porte à l’accommodement. Il n’y a point de procès si épineux dont on ne sorte aisément, quand on a à faire à des gens traitables. Signifie aussi : ductile, maniable, qui se peut aisément mettre en œuvre. L’or est le plus traitable […] des métaux. Se dit aussi de ceux qui sont en état d’être traités, ou des matières sur lesquelles il est permis de discourir. Il faut mettre cet homme dans les grands remèdes, mais il n’est pas traitable en l’état qu’il est à cause de sa faiblesse. Voilà une belle question, mais elle n’est pas traitable en tel endroit, devant une telle compagnie » (F).
Traité : Accord.
Traiter : Servir à manger.
Trame : Conjuration ; complot ; trahison.
Tramontane : « Signifie l’étoile du Nord qui sert à conduire les vaisseaux sur la mer : un homme a perdu la tramontane, [...] il a perdu son guide, il ne sait où il est » (F).
Trancher : Parler franchement.
Transférer : Terme juridique qui signifie transmettre.
Transports, transporter : « Se dit des violentes agitations de l’esprit. Un homme transporté de colère, de joie, d’amour. [...] Se dit aussi en médecine quand la fièvre est violente, on appréhende le transport au cerveau qui cause le délire » (F).
Travaux : Peines. « Se dit au pluriel des actions, de la vie d’une personne, et particulièrement des gens héroïques. Dieu bénit les travaux des gens de bien. Il récompense les travaux de ceux qui l’ont bien servi. Les païens ont aussi appelé les travaux d’Hercule, et ont cru qu’ils méritaient le ciel » (F).
Traverse : « Obstacle à la réussite des affaires qu’on entreprend » (F). Épreuve.
Traverser : Gêner, contrarier. « Signifie figurément en morale : faire obstacle, opposition, apporter de l’empêchement. Le Diable traverse toujours les desseins pieux. L’envie se plaît à traverser les desseins d’autrui » (F).
Trébucher : « Emporter l’équilibre en parlant des choses qu’on pèse. Il faut que l’or et l’argent trébuchent pour être de poids et de mise » (F).
Trédame : Par Notre-Dame.
Trente-et-quarante : Jeu de cartes.
Treuve : Trouve. Terme vieilli, souvent mis pour la rime.
Tribouiller : Troubler.
Triompher : « Se réjouir, être fort aise » (R).
Tripotage : Embrouille.
Triste : Utiliser pour désespérer.
Trou-madame : « Jeu où on laisse couler des boules dans des trous, ou rigoles » (F).
Tudieu : Juron.
Turc à More : Impitoyablement, comme les Turcs traitaient les Maures vaincus.
Turlupin : « On a appelé de ce nom un comédien fameux de Paris, dont le talent était de faire rire par de méchantes pointes et équivoques qu’on a appelées turlupinades » (F).
Tutayer : Tutoyer.
Tympaniser : Railler, moquer, critiquer bruyamment. « Blâmer quelqu’un en public » (F).

U

Universaux : « Termes généraux sous lesquels sont compris plusieurs espèces et individus [...] : le genre, l’espèce, la différence, le propre et l’accident » (F).
Usure : « Signifie intérêt, profit illicite qu’on tire d’une forme d’argent contre les lois. [...] Se dit figurément en morale. Payer avec usure, c’est rendre un service qui vaut bien plus que celui qu’on a reçu. Lorsque la reconnaissance excède le bienfait, on paie avec usure. Il se dit en mal comme en bien » (F).

V

Vaine (Faire la) : Tirer vanité.
Vaines défaites : Dérobades ambiguës.
Vaillantise : « Vieux mot qui signifiait autrefois : action de bravoure. Ne se dit plus que des fanfarons » (F).
Valet de carreau : Homme de rien.
Valet (Je suis votre valet / serviteur) : C’est une formule de contradiction ou de refus. « Se dit à quelqu’un quand on ne veut pas faire ce qu’il désire, croire ce qu’il dit » (L). C’est également une formule de congédiement.
Vapeur : « Parties subtiles d’un corps humide qu’une chaleur médiocre élève, et ne peut se dissiper. Les nuages, les brouillards se forment des vapeurs qui s’élèvent de la terre. Les ardents et les météores ne sont que des vapeurs enflammées. Il vient une mauvaise vapeur de cet égout. Les vapeurs sulfurées nuisent à la santé » (F). « Est aussi une humeur subtile qui s’élève par-dessus les parties basses des animaux, et qui occupe et blesse leur cerveau. Les vapeurs du vin pris par excès assoupissent. Les vapeurs de la matrice ont causé de tout temps de grands emportements aux femmes, soit de douleur, soit de folie. Depuis quelques jours, il est venus aux hommes une maladie de vapeurs qui est cause qu’ils ne sauraient souffrir les parfums. On dit figurément des choses subtiles, passagères et de peu de durée, que ce n’est qu’une vapeur. [...] Ce songe, cette apparition s’en est allée comme une vapeur » (F).
Vartigué : Vertu de Dieu. Juron.
Veau de rivière : Veaux extrêmement gras.
Venez-y-voir : « On dit voilà un beau venez-y-voir, pour dire “c’est une chose dont on fait peu de cas” » (F).
Venue (Une) : Une récolte.
Vertigo : « Mot burlesque pour dire caprice soudain » (R).
Vertu : « Signifie force vigueur, tant du corps que de l’âme » (F).
Veste : « Espèce de justaucorps qui va jusqu’au genou » (F).
Vigile : « Veille d’une grande fête, qui est quelquefois jeûnée » (F).
Vilain : Avare, mais signifie aussi Vulgaire.
Vilanie : Avarice.
Vin (Tremper son) : « Le boire avec beaucoup d’eau » (F).
Visière (Rompre en) : « Dire en face et brusquement quelque chose de fâcheux à quelqu’un » (A).
Vision : Parfois utilisé pour idées folles.
Visite : Lorsqu’une troupe de théâtre est invitée par un Grand à venir
représenter une pièce chez lui, on dit que la troupe effectue une « visite ».
Vœux : Désirs amoureux. Mais s’emploie également dans le sens actuel.
Vuider : Vider, terminer.
Vulgaire : « Commun, trivial, ordinaire » (F).

Z

Zèle : Ferveur religieuse. Mais aussi amour.

PRESENTATION

REPERES CHRONOLOGIQUES

BIBLIOGRAPHIE